Les dirigeants de l’Union européenne ont demandé le 14 septembre au président chinois Xi Jinping de poursuivre l’ouverture du marché intérieur de son pays, de respecter les minorités et de ne pas porter atteinte aux libertés à Hong Kong.

Cette demande intervient alors que Huawei, fait face à boycott de la part de certains pays européens, dont la France, suite aux accusations américaines contre le géant chinois des télécommunications d’espionner pour le compte de la Chine.

Malgré les dernières mesures prises contre Huawei, l’Union européenne ne veut pas prendre partie dans la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine. La chancelière allemande Angela Merkel, la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, et le président du Conseil, Charles Michel, ont souhaité faire front commun pour faire passer un message de fermeté à la Chine.

« L’Europe est un acteur, pas un terrain de jeu », a déclaré Charles Michel lors d’un point presse, après avoir présidé ce sommet en visioconférence. Cette déclaration traduit selon certains observateurs le sentiment croissant parmi les dirigeants européens que la Chine n’a pas honoré ses promesses de relations commerciales libres et équitables.

Le commerce bilatéral sino-européen représente plus d’un milliard de dollars par jour. L’UE est le principal partenaire commercial de la Chine tandis que cette dernière est le deuxième marché, derrière les Etats-Unis, pour les biens et services européens.

Suite à cette réunion, aucun communiqué commun n’a été publié, et la diplomatie en Chine est resté silencieuse, outre les articles publiés par les médias chinois.

De manière générale, l’Union européenne accuse la Chine d’enfreindre certaines règles commerciales internationales, qu’il s’agisse de sa surproduction d’acier ou encore du vol de propriété intellectuelle. De son côté, la Chine rejette ces accusations, notamment celles concernant la gestion de la pandémie de Covid-19 et la nouvelle loi sur la sécurité à Hong Kong.

« Nous sommes très sérieux quant au fait d’avoir accès au marché chinois et d’abolir les barrières », a déclaré Ursula von der Leyen. Un avis partagé par Angela Merkel, qui a rapporté qu’elle-même et les deux dirigeants européens, avaient exhorté Xi Jinping à dire clairement si la Chine souhaitait ou non parvenir à un accord sur les investissements, qui est en cours de négociation et contraindrait Pékin à ouvrir ses marchés.

Lire aussi : L’Union européenne prend des mesures contre la Chine

« Nous avons mis la pression (…) pour effectuer des progrès sur l’accord sur les investissements », a indiqué la chancelière allemande à la presse depuis Berlin. « Globalement, la coopération avec la Chine doit se fonder sur certains principes – la réciprocité, la concurrence juste. Nous avons des systèmes sociaux différents mais si nous sommes attachés au multilatéralisme, il doit être basé sur des règles », a-t-elle ajouté.

Malgré les déclarations européennes, l’Union européenne et la Chine ont signé un accord dans le but de protéger des indications géographiques (IG) respectives dans le domaine alimentaire, 100 européennes et autant de chinoises.

Via cet accord, la Chine n’autorisera l’utilisation de la dénomination « champagne » que sur le vin pétillant issue de la région du même nom. D’ailleurs, en 2019, la Chine a été la troisième destination des exportations de produits agricoles et alimentaires de l’UE, pour une valeur de 14,5 milliards d’euros.