Bruxelles a décidé de sanctionner la Chine suite à l’adoption de sa loi sur la sécurité nationale pour Hong Kong, en vigueur depuis le 1er juillet.

Désireuse de suivre les mesures de rétorsion lancées par les Etats-Unis, le Canada, le Royaume-Uni et l’Australie, l’Union européenne est en train de réfléchir à moyen de sanctionner la Chine, sans trop dégrader ses relations avec elle.

« J’ai proposé que nous travaillions sur une approche coordonnée, avec un mélange d’actions au niveau de l’UE et au niveau des États membres », a déclaré Josep Borrell, chef de la diplomatie européenne, le 13 juillet lors d’un point presse.

Quinze jours plus tard, les vingt-sept ont adopté, à travers une procédure écrite, une liste de dispositions visant à dénoncer la situation en cours à Hong Kong.

L’Union européenne va notamment limiter les exportations d’équipements utilisables pour la surveillance et la répression à Hong Kong. D’autres mesures visent par exemple à aider la population de Hong Kong, et lui permettre de se rendre facilement en Europe grâce à l’octroi de visa, de bourses et d’échanges d’universitaires.

« Notre message est double. Premièrement, aux habitants de Hong Kong, [nous avons exprimé] le soutien de l’UE à leur autonomie et à leurs libertés fondamentales. Nous continuerons à soutenir le peuple de Hong Kong », a promis Josep Borrell.

« Pour la Chine, le message est que les récentes actions changent les règles. Cela nécessitera une révision de notre approche et aura clairement un impact sur nos relations », a assuré ce dernier.

Ces mesures doivent « avoir un impact sur les exportations d’armes, y compris celles à double usage, civil et militaire. Nous considérons logique de traiter Hong Kong de la même manière que la Chine continentale », qui est déjà frappée par ce genre de mesures, avait de son côté insisté le chef de la diplomatie allemande Heiko Maas, dont le pays assure la présidence du Conseil de l’UE.

Dans le texte adopté, le 28 juillet, les 27 assurent que « l’UE est particulièrement préoccupée par la forte érosion des droits et libertés qui étaient censés être protégés au moins jusqu’en 2047 ».

L’union entend suivre la préparation des élections prévues le 6 septembre à Hong Kong et considère «essentiel» que le scrutin se déroule «dans un environnement qui reste favorable à l’exercice des droits et libertés démocratiques inscrites dans la Loi fondamentale».

La Chine a condamné ce 29 juillet les mesures adoptées par l’Union européenne en réaction à la nouvelle loi sur la sécurité nationale mise en vigueur à Hong Kong. La Chine a rejeté une «ingérence» dans ses affaires intérieures.

«Les mesures de l’UE violent les normes fondamentales du droit international», a déclaré devant la presse le porte-parole de la diplomatie chinoise, Wang Wenbin. «La Chine s’y oppose fermement et a protesté auprès de l’UE», a-t-il ajouté.