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TAIWAN

Massacre du 28 février 1947, où « Incident 228 »

L’incident 228, aussi connu comme le Massacre 228 ou Massacre du 28 février 1947, est un soulèvement populaire contre le gouvernement de Taïwan qui a débuté le 27 février 1947.

Le nombre « 228 » fait référence au jour où le massacre a commencé, le 28 février ou « 02-28 ». À l’issue de la Seconde Guerre Mondiale (1939-1945), la République de Chine, contrôlée par le Kuomintang, dirigé lui-même par Tchang Kaï-chek, reprend sa tutelle administrative sur Taïwan. Auparavant colonie japonaise, tout le système économique, social, culturel, administratif et politique est basé sur le modèle du colonisateur installé sur l’île depuis 1895.

L’élément déclencheur

Le 27 février 1947, dans les rues de Taipei, des inspecteurs chargés de l’administration du monopole gouvernemental du tabac effectuent des contrôles dans la ville.

Dans un vieux quartier de la capitale taïwanaise, les officiels, accompagnés d’une douzaine de policiers confisquent des cigarettes de contrebande à une femme, vendeuse sur le marché noir local.

Alors que cette dernière tente de s’interposer, elle est passée à tabac par un des policiers présents. À la vue de la femme gisant sur le trottoir, des passants interviennent. Des affrontements commencent et un homme est tué par balle.

Une foule en colère met à sac un bâtiment gouvernemental

Le lendemain, le 28 février 1947, une foule de gens se rassemble dans les rues de Taipei, et dans de nombreuses villes de Formose, où des révoltes contre le gouvernement nationaliste débutent.

Des confrontations violentes opposent des taïwanais et des chinois nouvellement arrivés du continent, et l’armée, appelée en renfort début mars. La loi martiale est déclarée et les troupes armées nationalistes tirent sur la foule.

La rébellion est finalement écrasée, mais l’armée continue les jours suivants à arrêter et exécuter les personnes sensées être capables de mener un mouvement de résistance contre le gouvernement nationaliste. Bon nombre de ces personnes exécutées ou disparues se trouvent être des leaders politiques et intellectuels taïwanais.

Plusieurs mois tard, une fois les foyers de rébellion réprimés, et l’ordre rétabli, la loi martiale est de nouveau instaurée. La « Terreur blanche » entretenue par le Kuomintang se répand dans toute la République de Chine.

En 1987, la loi martiale est levée. La même année, à l’initiative de personnalités taïwanaises, dont le psychiatre Chen Yung-hsing, l' »Association du jour de la paix du 28 février » est créée, afin de rompre 40 années de silence sur la question.

Un tabou de l’histoire

L’incident du 28 février est resté durant de nombreuses années un sujet tabou à Taïwan, mais aussi une source de ressentiment entre communautés insulaires. En 1993, un comité d’historiens, constitué par la branche exécutive du gouvernement de la République de Chine, rédige et publie un rapport sur le sujet. Pour la première fois en 45 ans, le gouvernement du Guomindang admet que son armée a tué entre 18 000 et 28 000 taïwanais « de souche » durant le massacre de 1947.

Mémorial de Taipei

Deux ans plus tard, Lee Teng-hui, président en exercice, présente des excuses publiques aux familles des victimes dans le parc du Mémorial de la Paix 228 à Taipei, le 28 février 1997, et introduit dans le calendrier national un nouveau jour férié : le Jour de la paix. Des monuments commémoratifs à la mémoire des personnes tuées ou disparues, sont construits à travers toute l’île.

Depuis 1995, chaque 28 février, un hommage officiel est rendu aux victimes et martyrs de 19473. En 2016, lors de la journée commémorative, la présidente Tsai Ing-wen souhaite mettre en place une commission « vérité et réconciliation » sur cet incident, malgré les réticences du Kouomintang.

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