mercredi, juin 19

« Le mix électrique chinois en 2017 : Grand bond en avant ou petits pas? »

Dans un note, le cabinet de conseil et de communication Energie-Environnement a décortiqué le mix énergétique de la Chine et présenté les dernières données de 2017 tant dans la consommation que la production d’énergie.

Le cabinet a commenté le 13ème plan quinquennal des autorités chinoises fixant les objectifs de porter de 12 à 15% la part des énergies « non fossiles » dans la consommation d’énergie primaire entre 2016 et 2020, puis à 20% en 2030. Dans le même temps, l’intensité énergétique du pays doit baisser de 15% et l’intensité carbone de 18%.

D’ailleurs, le plan pour le développement des énergies renouvelables, rendu public en décembre 2016, ambitionne de créer un parc renouvelable de 675GW; d’investir 2 500 milliards de renminbi (320Mds€) dans la production; et une production annuelle d’électricité renouvelable dépassant 1900TWh en 2020.

Le parc nucléaire devrait atteindre 58GW en 2020, soit une hausse de plus de 30GW en 5 ans. Le cabinet Energie-Environnement a fait le bilan de l’année 2017 :

La consommation d’électricité atteint 6 308 TWh en 2017, ce qui représente une hausse de 6,6% par rapport à 2016. La consommation domestique ne représente que 869 TWh, alors que la demande d’électricité est venue aux deux tiers de l’industrie (4 441 TWh).

La part des énergies fossiles dans la production d’électricité chinoise est passée de 74,3% en 2016 à 73,5% en 2017. « Cette proportion d’énergie fossile ne suffit pas à faire de la Chine un mauvais élève : elle se place 8ème au sein du G20 et fait mieux, par exemple, que le Japon ou l’Australie« , note Energie-Environnement. Cependant, le charbon est largement majoritaire utilisé au sein de la production fossile conduisant à un mix électrique fort en carbone.

La part des énergies fossiles dans le mix électrique baisse mais la production continue à augmenter de 203TWh en 2017 pendant que la production de toutes les autres énergies réunies progressait, selon les estimations, de 135 à 184TWh.

74 milliards de Renminbi (9,5Mds€) ont été investis dans la production d’électricité fossile en 2017, notamment dans le gaz et le charbon qui ont ainsi attiré plus du quart des investissements dans la production électrique devant le nucléaire ou l’hydroélectricité.

Le solaire photovoltaïque s’est fortement développé en 2017, le parc solaire a atteint 130GW en 2017 dépassant l’objectif de 110GW que « la Chine s’était donné il y a à peine un an pour 2020« .

« Malgré cette croissance, le taux d’effacement baisse pour le solaire : il a été de 5% en moyenne en 2017 en baisse de 4,3 points par rapport à l’année précédente » a indiqué le cabinet spécialisé en énergie. D’après le Bureau d’état des statistiques la production d’électricité solaire est évalué à 64,8TWh alors que l’administration de l’énergie (NEA) avance le chiffre de 118,2TWh.

Des données certes incertaines mais « elle représente entre 1 et 2% de la production électrique chinoise et contribue encore marginalement à la décarbonisation du mix« . Le solaire photovoltaïque fourni trois fois moins d’énergie que le solaire thermique domestique, car « le développement est beaucoup plus ancien ».

Concernant l’énergie nucléaire, le parc nucléaire approchait 36GW fin 2017, et produisait 4,0% de l’électricité. Le nucléaire a attiré 39,5 milliards de renminbi (5Mds€) en 2017, c’est presque deux fois moins qu’en 2012. La croissance du parc nucléaire devrait continuer à ralentir. L’objectif de 58GW en service en 2020 semble accessible compte-tenu des 19 projets en cours.

La première source d’électricité décarbonée reste l’hydroélectricité,  avec 17,2% de la production, ayant entraîné une baisse du mix électrique de 2,9 points en 2017. L’hydroélectricité est l’énergie qui a augmenté le plus lentement en 2017, aussi bien en production qu’en puissance installée. Les investissements ont également stagnés à 61,8 milliards de renminbi (7,9Mds€) presque exactement leur niveau de 2016.

La production éolienne a augmenté de 47,5TWh (NBS) à 63,7TWh (NEA), devenant la source d’électricité décarbonée qui a le plus progressé en valeur absolue en 2017. L’éolien a dépassé le nucléaire en 2016 et est resté la 2nde énergie décarbonée du pays derrière l’hydroélectricité.

« La croissance de l’éolien et les développement des infrastructures permettant son  intégration au réseau apparaissent donc comme le principal facteur limitant les émissions de gaz à effet de serre du mix électrique« , a indiqué la note d’Energie-Environnement.

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