Lü Pin, militante féministe chinoise, a expliqué dans un billet, publié sur le site d’Amnesty International, que les médias officiels se sont réappropriés le discours féministe.

Suite à la diffusion dans les métros du pays, des affiches produites par le gouvernement ou par des entreprises contre le harcèlement sexuel. La campagne autorisée par le gouvernement est considérée comme « une avancée significative, car la lutte contre le harcèlement sexuel a enfin sa place dans la sphère publique en Chine », note Lü Pin.

Début 2017, le quotidien conservateur Global Times, a évoqué le « féminisme officiel », estimant que seul le gouvernement peut répondre aux préoccupations liées aux droits des femmes.

La militante explique que « ces acteurs peuvent parfois adopter une approche plus progressiste, se plaçant même en voix de la justice, mais leur seul but est d’attirer des ‘sympathisants’, poussant des jeunes qui se préoccupent des droits des femmes, mais ont peur de prendre part à des actions de militantisme social à soutenir le parti« .

L’inefficacité de ce « féminisme officiel » est illustrée par la chute de la Chine à la 100ème place du classement du Rapport mondial sur la parité entre hommes et femmes.

« À une époque où la société civile est qualifiée de force hostile par le gouvernement, un mouvement mené par les jeunes, même s’il est très soutenu par l’opinion publique, ne peut pas rassembler suffisamment de ressources pour être viable« , a indiqué Lü Pin.

Les militants se sont adaptés, saluant les campagnes coordonnées. « Les actions de militantisme sont devenues plus organisées : elles sont lancées par une personne et reprises par d’autres », note cette dernière.

Cette forme innovante de militantisme est largement soutenue par l’opinion publique et le gouvernement. Raison pour laquelle, « nous devons essayer tous les moyens possibles et voir tous les échecs comme des enseignements », a précisé la militante. Cette dernière a souligné qu’en dépit de « la forte incertitude, dans une société privée de tout sentiment de sécurité, tous les progrès se cumulent« .

Le dialogue sur le harcèlement sexuel est seulement au stade embryonnaire, mais moins  confronté aux obstacles et défis que le mouvement #MeToo, qui est « le plus important est que les militants n’abandonneront jamais, et c’est là une grande source d’optimisme ».

La lutte contre le harcèlement sexuel s’intensifie