Le prochain congrès du Parti Communiste Chinois, qui aura lieu le 8 novembre, devra élire son nouveau chef d’état, également secrétaire général du Comité central du PCC ainsi que les 7 cadres du Bureau Politique. Le successeur de l’actuel chef de l’état, élu en 2007, devra mettre en place les perspectives présentées par Hu Jintao.

Le Comité central, composé d’environ 370 hauts responsables du parti, du gouvernement et de l’armée, devra valider les perspectives politiques et économiques présentées par Hu Jintao. Dix ans après la prise de pouvoir de ce dernier, la République populaire de Chine est devenue l’une des plus grandes puissances mondiales, après les États-Unis.

« La Chine adhérera à sa propre voie de développement »

Lors de l’ouverture d’un atelier de travail sur l’organigramme ministériel du gouvernement, le 29 octobre, le président Hu Jintao s’est engagé à ce que « la Chine suive fermement la voie du socialisme à la chinoise », a indiqué Le Quotidien du Peuple. L’objectif pur le gouvernement est d’instaurer son propre système économique et financier, mais aussi diplomatique, trois ans après la crise internationale.

Retraçant l’histoire de la Chine, le Quotidien du peuple place le contexte dans lequel le gouvernement a évolué, ainsi « la voie que le peuple chinois a suivie à abouti à l’indépendance et à la renaissance du pays, ainsi qu’à la libération du peuple », au cours des cent dernières années.

A travers ce prisme, le président Hu Jintao a expliqué que le pays devait donc « adhérer de manière inébranlable à la voie correcte tracée par le Parti et le peuple » et ne craindre « aucun risque », ni être « désorientés par aucune perturbation ».

Ce dernier a souhaité qu’à l’avenir « nous ne serrons jamais rigides ni stagnants, mais unirons toutes les forces qui peuvent être unies et mobiliserons tous les facteurs positifs qui peuvent être mobilisés, afin de surmonter en toute confiance chaque difficulté ou risque rencontré sur notre route ».

Pour Wang Huaichao, chercheur à l’École du Parti du Comité central du PCC, « le discours de Hu Jintao a mentionné toutes les orientations de réforme, dont la transformation du mode de développement économique et l’accélération de la restructuration politique ». Des réformes qui devront être installées par la nouvelle équipe.

Un bilan économique impressionnant

Hu Jintao, président de la République populaire de Chine

Hu Jintao, président de la République populaire de Chine

En dix années de présidence de Hu Jintao, la Chine s’est propulsée de la 6ème à la 2ème place de l’économie mondiale, à un rythme moyen de 10% de croissance. Toutefois, 2012 a été une année faste avec un taux de croissance de 7,5%. Il s’agit là du chiffre le plus faible depuis 1999, en raison de la crise économique et financière internationale, impactant sur les exportations.

Le bilan économique de l’actuel président est positif, depuis 2002, le revenu annuel net par habitant a quasiment doublé en 10 ans, pour atteindre 21.810 yuan (20.000 euros) dans les zones urbaines, en 2011. De plus, selon les dernières données du ministère chinois de l’Agriculture, le ratio entre revenu urbain et rural est passé de 2,72 à 1 point, par rapport au précédant qui était de 2,77 à 1, à la même période l’année dernière.

Le ralentissement des exportations et la faibles demande intérieure ont provoqué une baisse de la croissance en Chine, qui est tombée au troisième trimestre 2012 à 7,4%. Pour faire face à ces défis, le gouvernement, via la banque centrale chinoise, a procédé à trois réductions des réserves obligatoires des banques commerciales depuis décembre 2011, leur permettant de prêter davantage, ainsi qu’à deux baisses des taux d’intérêt directeurs en juin et juillet.

De plus, la « stabilisation du marché immobilier ces derniers mois, ont soutenu la demande intérieure, tandis que la fragilité de l’environnement ex terne représente le risque le plus notable » pour l’économie chinoise, a expliqué dans une note d’analyse la banque J.P. Morgan, cité par Les Échos.

« Le socialisme à la chinoise »

Ces mesures ont permit de relancer l’activité et de dynamiser la croissance qui pourrait être entre 7,5% et 7,8% au 4ème trimestre, et entre 7,6% à 8,1%  pour 2013, d’après Bank of America-Merrill Lynch. « Alors que la composition du comité permanent du bureau politique a probablement été arrêtée, les plus hauts responsables politiques devraient se concentrer de nouveau sur la politique économique », ont indiqué Lu Ting et Hu Weijun, de Bank of America-Merrill Lynch.

Ces derniers ont expliqué que « les mesures d’assouplissement et de relance vont probablement être poursuivies car la reprise de la croissance n’est pas encore solide ». De son côté, celui qui est pressenti comme le successeur de Hu Jintao, Xi Jinping,  a appelé le 30 octobre, « les responsables et les membres du Parti communiste chinois (PCC) à redoubler d’efforts pour bâtir un socialisme à la chinoise et perfectionner l’édification du Parti », a cité l’agence de presse Xinhua.

Au cours de la cérémonie de clôture d’un séminaire auquel participaient des responsables des niveaux provincial et ministériel, Xi Jinping a indiqué que « le socialisme à la chinoise est profondément enraciné en Chine », il « correspond à la situation nationale » et « dispose d’une forte vitalité, comme le prouvent les nombreux progrès réalisés par le pays depuis 30 ans ».  

« En Chine contemporaine, seul le socialisme à la chinoise peut développer le pays, bénéficier au peuple et revitaliser la nation », a-t-il indiqué. Ce modèle se traduirait selon les documents du 17ème Congrès du PCC, par une réforme du système économique, qui « a pour objet de créer et d’améliorer graduellement une économie de marché socialiste tout en maintenant en tant que modalités principales, la propriété publique et la rémunération selon le travail, et en permettant la coexistence à titre d’appoint de différents autres régimes de propriété et de mode de rémunération ».

Sur la question du renforcement de l’édification du Parti, ce dernier a évoqué les acquis du PCC, en matière théoriques, politiques, organisationnels et institutionnels, précisant que le plus important pour le parti est « le lien étroit qu’il entretient avec le peuple ».