La Commission centrale de contrôle de la discipline du PCC a lancé un 10ème cycle d’inspection au sein des agences et administrations provinciales. Face à l’engouement qu’a suscité l’affaire de Ling Jihua, ancien conseiller de Hu Jintao, le Quotidien du peuple a justifié la tenue du procès.

Plusieurs équipes d’inspection seront envoyé durant 2 mois dans 32 agences et régions provinciales et 4 régions provinciales ayant déjà fait l’objet d’inspection, afin de « découvrir les conduites néfastes de fonctionnaires, dont l’échange de pouvoir contre de l’argent, l’abus de pouvoir et la corruption, ainsi que des styles de travail nuisibles comme le formalisme, la bureaucratie, l’hédonisme et les dépenses extravagantes ».

Depuis 2003, les autorités du PCC envoient des équipes d’inspection, afin de « surveiller la performance des fonctionnaires », conformément à la Constitution du Parti. Cependant, depuis 2013, les campagnes se multiplient et le nombre de cadre du Parti ayant  été inculpé pour corruption grossit de semaines en semaines.

Dernière affaire en date, celle du proche conseiller de Hu Jintao, Ling Jihua, qui a nécessité une intervention du Quotidien du peuple, pour justifier la condamnation à vie de ce dernier.

Pour le quotidien officiel, « le traitement de l’affaire de corruption de Ling Jihua démontre l’engagement et la détermination du PCC à respecter l’Etat de droit et à gouverner strictement le Parti ».

Ancien vice-président du Comité national de la Conférence consultative politique du Peuple chinois (CCPPC), Ling Jihua a été condamné à la prison à vie pour avoir accepté des pots-de-vin, obtenu illégalement des secrets d’Etat et pour abus de pouvoir, a annoncé ce lundi 4 juillet, le Tribunal populaire intermédiaire No.1 de Tianjin.

Ling Jihua, ancien vice-président du Comité national de la Conférence consultative politique du Peuple chinois  et proche de Hu Jintao

Ling Jihua, ancien vice-président du Comité national de la Conférence consultative politique du Peuple chinois et proche de Hu Jintao

Pour le cas de Ling Jihua, « la procédure entière, depuis l’enquête, la désignation de la juridiction, la poursuite judiciaire, l’audience jusqu’à la condamnation, a été traitée en accord avec la loi, ce qui prouve que les efforts anti-corruption étaient basés sur les faits et la loi« , selon le Quotidien du Peuple.

Cet ancien chef du Département de travail du Front uni du Comité central du PCC, a fait l’objet d’une enquête suite à la mort de son fils, en mars 2012 alors qu’il se trouvait au volant de sa Ferrari, accompagnée de deux femmes dénudées.

Ling Jihua avait tenté de dissimuler l’accident, sans succès. Ce scandale a dévoilé la fortune de la famille Ling qui aurait accepté des pots-de-vin pour un montant de plus de 10 millions d’euros. De plus, l’affaire avait fait grand bruit et relancer le débat des enfants de riche dirigeants et personnalités.

L’enquête menée depuis 2014 fait état de l’octroi à titre personnel, ou sa famille, de 77,08 millions de yuans (près de 10 millions d’euros) de pots-de-vin. Pour le journal du PCC, « ceux qui violent les règles du Parti et la loi, quel que soit leur poste, feront l’objet d’une sanction en accord avec la loi. Un parti irréprochable avec une foi ferme, des règles strictes et un style de travail excellent est et sera toujours invincible« .

Lors du procès, Ling Jihua a accepté « toutes les accusations et le jugement ». Ce dernier a ajouté que le procès était « solennel, méticuleux, rationnel et civilisé« , représentant l’État de droit et le traitement humain.

Dans sa déclaration finale, il a remercié « sincèrement le tribunal, le parquet et (mes) deux avocats », ajoutant que « le verdict d’aujourd’hui restera ancré dans ma mémoire« .