Les Etats-Unis ont annoncé le 23 mai avoir retiré l’invitation présentée à la Chine à participer à des exercices militaires internationaux dans le Pacifique. Washington compte ainsi dénoncer la militarisation par Beijing d’îles disputées, une décision aussitôt condamnée par la Chine.

Le lieutenant-colonel Chris Logan, porte-parole du Pentagone, a annoncé «avoir retiré notre invitation à la Marine de la République populaire de Chine pour l’exercice» biennal Rim of the Pacific (RIMPAC), prévu cette année du 27 juin au 2 août. Ces exercices militaires sont les plus importants au monde, avec la participation de trente pays, tous les deux ans.  D’ailleurs, la Chine a déjà participé à ces exercices en 2014 et en 2016.

Chris Logan a assuré lors d’un point presse «nous avons des preuves claires du fait que la Chine a déployé des missiles anti-navires et des missiles sol-air, ainsi que des brouilleurs électroniques sur les îles contestées des Spratleys en mer de Chine».

Côté chinois, le gouvernement a assuré maintenir que les constructions sur ces îles visent à assurer la sécurité maritime, l’assistance à la navigation, la recherche et le sauvetage en mer ainsi que la protection des pêcheurs. Mais pour le lieutenant-colonel Chris Logan, «le déploiement de ces armements ne peut servir qu’à un usage militaire».

Cette annonce intervient alors que le ministre chinois des affaires étrangères, Wang Yi, était Washington pour s’entretenir avec le nouveau chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo. Le ministre chinois a assuré qu’il s’agit d’une «décision prise à la légère et qui n’aide pas à une compréhension mutuelle entre la Chine et les Etats-Unis».

A l’occasion d’une conférence de presse commune avec son homologue américain, il a assuré que «la coopération entre les deux pays surpasse de loin leurs différends et les opportunités qu’ils ont devant eux sont beaucoup plus nombreuses que les défis auxquels ils sont confrontés».

Pour Chris Logan, «la poursuite par la Chine de la militarisation de possessions disputées dans la mer de Chine méridionale ne fait qu’attiser les tensions et déstabiliser la région».

Ce dernier a évoqué «l’atterrissage d’un bombardier chinois sur l’île aux Bois a également fait monter les tensions». L’île aux Bois (Yongxing en chinois), est la principale base chinoise dans l’archipel des Paracels, également revendiquée par le Vietnam et Taïwan. De ce fait, «le comportement de la Chine n’est pas compatible avec les principes et les objectifs de l’exercice RIMPAC» a assuré le porte-parole du Pentagone.

Le lieutenant-colonel Logan a appelé la Chine à retirer ses installations militaires immédiatement et à revenir sur sa militarisation de la mer de Chine méridionale.