De notre partenaire Chinafrique.com – Située à la jonction de la mer Rouge et de l’Océan indien, la République de Djibouti occupe une position géostratégique sur l’une des principales routes maritimes mondiales. Elle constitue le débouché naturel pour les pays enclavés de la région.

C’est pour cette raison que les troupeaux des pays de l’Afrique de l’Est exportés vers l’Asie de l’Ouest traversent fréquemment son territoire, mais cela augmente le risque d’introduction des maladies animales à Djibouti. Ainsi, il est crucial de prévenir, détecter et contrôler scientifiquement huit maladies animales graves touchant régulièrement cette région, notamment la fièvre de la Vallée du Rift (FVR). Or, par manque de moyens et de techniques appropriées, le Laboratoire vétérinaire (LV) de la Direction de l’élevage et des services vétérinaires de Djibouti (DESV) ne parvient pas à assumer indépendamment cette mission, si bien que des laboratoires privés s’en chargent.

Lorsque Zhang Pu, un expert vétérinaire chinois qui travaille au LV a eu connaissance de la situation, il s’est résolu à en faire un véritable laboratoire national indépendant. Son premier objectif a été d’enseigner au personnel du laboratoire à maîtriser la méthode immuno-enzymatique ELISA, technique principalement utilisée en immunologie pour détecter la présence d’un anticorps ou d’un antigène dans un échantillon. « La maîtrise de la technique ELISA permettra au LV de réaliser une surveillance quotidienne sur la plupart des maladies animales, ce qui contribuera à fournir des données efficaces de laboratoire au service de l’évaluation scientifique du risque d’épizooties, et à améliorer considérablement les capacités du laboratoire vétérinaire djiboutien dans la prévention et le contrôle des zoonoses », explique M. Zhang à CHINAFRIQUE.

Depuis avril 2016, il a formé les quatre techniciens du LV à la technique ELISA pendant 23 jours en détectant 950 échantillons de fièvre aphteuse, 440 échantillons de peste des petits ruminants, 750 échantillons de FVR et 420 échantillons de péripneumonie contagieuse bovine. Pour assurer l’efficacité de la formation, il associe la théorie et la pratique au laboratoire, économisant les réactifs chimiques et d’autres ressources consommables. Les résultats de l’épreuve menée en janvier 2017 révèlent qu’hormis un technicien qui poursuit un stage de formation à l’étranger, les trois autres sont tous capables de détecter indépendamment les quatre maladies à l’aide de la méthode ELISA.

Le responsable du LV, Saïd Waiss Miguil, apprécie hautement les efforts fournis par M. Zhang en disant : « Grâce à lui, le personnel du laboratoire s’est considérablement amélioré tant en matière de savoir-faire que de mise en conformité avec des normes sanitaires. Il nous touche beaucoup avec ses compétences solides et ses actions concrètes. »

Persévérer dans sa mission

Il ne s’agit là que de l’une des nombreuses réalisations de M. Zhang durant son séjour à Djibouti, où il fait partie d’une équipe chinoise d’experts agricoles. Avant d’arriver en novembre 2015 dans ce pays, ce jeune vétérinaire de 36 ans a passé 13 années au Bureau de l’agriculture et des forêts du district de Gaoling de Xi’an, dans la province du Shaanxi. Avec ses collègues, ils constituent le troisième groupe d’experts dépêchés à Djibouti pour la période 2015-2017.

N’ayant jamais séjourné en Afrique, il a eu du mal à s’accommoder au climat tropical djiboutien, tombant malade peu après son arrivée. Or, lorsqu’il a entendu dire que la DESV avait besoin d’experts chinois dans la mise en œuvre d’un programme national sur la surveillance des épizooties financé par l’Union africaine, il s’est mis à l’œuvre sans hésitation. Il s’est rendu pendant plus d’un mois dans les régions d’Ali-Sabieh, de Dikhil, d’Arta et de Tadjourah, en compagnie du chef de l’équipe, Xiao Renrong, expert vétérinaire clinique, pour effectuer les prélèvements d’échantillons sur le terrain, en dépit de la chaleur accablante et des chemins raboteux.

« Toute expérience a une date butoir qu’il faut respecter. Une fois lancée, on doit la mener jusqu’à son terme. Les techniciens djiboutiens n’étant pas encore capables de mener indépendamment une expérimentation de ce genre, si j’avais interrompu mon travail à cause de ma maladie, ils auraient eu du mal à accomplir la mission à temps, précise-t-il à CHINAFRIQUE. Nous sommes venus ici non seulement pour une aide technologique, mais aussi pour un accompagnement dans leur travail quotidien. »

Zhang Pu montre la technique du prélèvement sanguin sur un animal.

Améliorer les conditions matérielles

En plus d’une technique scientifique, la détection des maladies animales dépend également des appareils de laboratoire avancés et de la qualité des installations essentielles. Cependant, pour des questions d’insuffisance de fonds, le LV n’a pas été bien entretenu pendant longtemps, si bien que l’éclairage, le matériel d’approvisionnement en eau ainsi que le lecteur de microplaques, l’un des plus importants instruments de laboratoire, sont tombés en panne. Ayant discuté avec Xiao Renrong et Moussa Ibrahim Cheick, directeur de la DESV, M. Zhang décide de réparer et moderniser les équipements et les installations du laboratoire aux dépens de l’équipe d’experts. « L’un des objectifs de notre venue est de contribuer à améliorer leurs compétences technologiques et conditions matérielles, et d’apporter ainsi notre pierre à l’édifice du développement de l’élevage et des services vétérinaires de Djibouti », affirme M. Zhang.

La performance de M. Zhang a été saluée par les Djiboutiens. Dans la lettre diplomatique à l’adresse de l’Ambassade de Chine à Djibouti, le ministère djiboutien de l’Agriculture, de l’Élevage, de l’Eau et de la Pêche a affirmé : « Durant son séjour, Zhang Pu s’est parfaitement intégré et donne pleine satisfaction dans ses activités. Fort de ses connaissances et son expérience, il s’est illustré dans différents secteurs de sa mission aussi bien dans la capitale que les régions de l’intérieur du pays. Sa disponibilité et son savoir-faire inspirent le respect du personnel de la DESV. » De leur côté, les techniciens du LV souhaitent continuer de travailler avec lui pour la période du prochain programme d’aide agricole.

Mais pour M. Zhang, sa mission pour la période 2015-2017 n’est pas encore terminée. Il se donne pour nouvel objectif de former le personnel du laboratoire à la technique de réaction en chaîne par polymérase (PCR). Cela permettra à Djibouti d’effectuer la surveillance sur les maladies animales graves d’une manière globale, assure-t-il.

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