1,34 million d’officiels de niveau municipal et 648 000 membres du PCC dans les régions rurales ont été sanctionnés depuis le lancement de la campagne de lutte contre la corruption de Xi Jinping, selon l’agence chargée de lutter contre la corruption (CCDI).

Depuis le XVIIIème Congrès national du PCC en 2012, plus de 70 000 officiels au niveau du xian (quartier) ou supérieur ont fait l’objet d’une enquête pour des suspicions de corruption. Le président Xi Jinping va ouvrir le 18 octobre le Congrès du PCC, avec comme axe central la lutte anti-corruption.

Lutter contre les tigres et les mouches

Xi Jinping depuis la place Tian An’men en 2015

Dès son investiture, il avait promis la chute d’officiels de haut niveau – surnommés les « tigres » – et de personnel au niveau de la base, surnommé les « mouches ». Cette campagne a surtout visé des responsables soupçonnés de faits mineurs à l’échelle locale, mais a également permis l’arrestation de fonctionnaires de haut rang et de cadres du parti.

Selon une déclaration publiée sur le site internet de la CCID, « la campagne anti-corruption continue de gagner en dynamique, ainsi que les éloges de la population ». D’après une enquête réalisée par le Bureau national des statistiques, 93 % de la population est satisfaite des efforts de lutte contre la corruption en 2016, soit 18 points de pourcentage de plus qu’en 2012.

Parmi les tigres condamnés lors de cette campagne, le CIIC cite : Zhou Yongkang, ancien membre du Comité permanent du Bureau politique du Comité central du PCC ; Xu Caihou et Guo Boxiong, tous deux anciens généraux et vice-présidents de la Commission militaire centrale ; ainsi que Ling Jihua et Su Rong, anciens vice-présidents du plus haut corps politique consultatif de Chine.

Sur le seul mois d’août, la CCID a géré près de 270 problèmes dans 21 régions administratives au niveau du xian (quartier), mettant en place des audits sur le travail de réduction de la pauvreté.

Xi Jinping veut « réduire les pratiques indésirables de travail ».

Fin 2012, le PCC a publié une règle « en huit points » sur l’austérité destiné à « réduire les pratiques indésirables de travail ». D’ailleurs, la Commission disciplinaire possède désormais « un système de rapports mensuels, qui consigne la mise en œuvre des règles dans les gouvernements de niveau provincial, les agences du Parti central et du gouvernement, les entreprises d’Etat administrées au niveau central, ainsi que les institutions financières centrales ».

D’ailleurs, en vue de lutter de manière globale contre les corrompus, les autorités ont étroitement travaillé avec la communauté internationale, dont Interpol, pour traquer les personnes suspectées de corruption qui se sont enfuies à l’étranger. Cette opération, dénommée « Sky Net », a conduit au mois d’août, à l’arrestation de 3 339 fugitifs dans plus de 90 pays et régions, dont 628 anciens officiels. Près de 9,36 milliards de yuans (1,2 milliard d’euros) ont ainsi été récupérés.

« Sur les 100 fugitifs les plus recherchés inscrits sur les notices rouges d’Interpol, 47 ont été arrêtés », a souligné la Commission. Cette opération a réduit le nombre de fuite de suspect vers l’étranger, ainsi 19 suspects ont fui la Chine en 2016, contre 31 en 2015 et 101 en 2014.

Le PCC lutte contre les « quatre formes de décadence »

En 2012, le Comité central du PCC s’est attaqué aux « quatre formes de décadence » : formalisme, bureaucratisme, hédonisme, extravagance.

Début janvier 2017, la commission avait annoncé le renforcement des infractions contre toute atteinte à la discipline politique et organisationnelle par les cadres. L’objectif est de « renforcer la conscience politique et d’assurer que les pensées, les politiques et les actes des cadres restent en conformité avec le Comité central du PCC ».

Fin 2016, 155 300 cas de violations du code en huit points sur la frugalité et sur le maintien de liens étroits avec les masses font l’objet d’une enquête. Parmi elles, 78% ont eu lieu en 2013 et 2014, 15% en 2015 et environ 7% en 2016.

Par ailleurs, la CCID s’est attaquée à la corruption au sein de ses propres rangs, se référant à « l’ombre se cachant derrière la lumière ». D’ailleurs, à la fin 2016, 17 officiels de la Commission faisaient l’objet d’une enquête et 7900 autres avaient été punis.