Pour Washington, la Chine agit de manière «plus répressive» et «plus agressive»

par | Mai 4, 2021 | Amériques, Chine-Etats-Unis, MONDE

Le secrétaire d’Etat américain Antony Blinken a affirmé que la Chine défiait l’ordre mondial en agissant de manière «plus répressive» et «plus agressive», dans une interview de la chaîne américaine CB diffusée le 2 mai.

Antony Blinken, chef diplomatie américaine

«Ce que nous avons vu au cours des dernières années, c’est que la Chine agit de manière plus répressive chez elle et plus agressive à l’étranger. C’est un fait», a déclaré Antony Blinken, interrogé dans l’émission «60 Minutes».

La Chine est «le seul pays dans le monde ayant la capacité militaire, économique, diplomatique de saper ou de remettre en question l’ordre fondé sur des règles auquel nous tenons tant et que nous sommes déterminés à défendre», a poursuivi le chef de la diplomatie américaine.

«Mais je veux être très clair… Notre objectif n’est pas de contenir la Chine, de la retenir, de la limiter; il est de maintenir cet ordre fondé sur des règles auquel la Chine pose un défi», a indiqué ce dernier.

Ces propos interviennent après que le président américain Joe Biden a assuré, lors de sa première allocution au Congrès, ne pas «chercher le conflit avec la Chine» mais être «prêt à défendre les intérêts américains dans tous les domaines».

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Les tensions entre la Chine et les Etats-Unis sont récurrentes ces dernières années. Les forces armées chinoises et américaines rivalisent d’influence en Asie-Pacifique, notamment en mer de Chine méridionale et aux alentours de Taïwan.

Antony Blinken avait aussi insisté, en mars dernier, sur «le génocide commis contre les Ouïghours majoritairement musulmans» dans la région chinoise du Xinjiang.

Pourtant des experts et universitaires américains ont indiqué que «les Etats-Unis et la Chine doivent construire des « garde-fous » autour de leurs importantes relations bilatérales et maintenir une communication constante afin d’éviter toute erreur de calcul et toute confrontation entre ces deux grands pays».  

Lors du Forum Sedona de l’Institut McCain sur les questions mondiales du 30 avril, l’ancien secrétaire d’Etat américain, Henry Kissinger, a déclaré que les tensions avec la Chine étaient « le plus gros problème pour l’Amérique, le plus gros problème pour le monde ».

« Parce que si nous ne parvenons pas à résoudre ce problème, alors le risque est que dans le monde entier, une sorte de guerre froide se développe entre la Chine et les Etats-Unis », a déclaré le diplomate.

Ce dernier a de nouveau appelé Washington à adopter une approche à deux volets dans sa politique envers la Chine : rester ferme sur les principes américains pour exiger le respect de la Chine, tout en maintenant un dialogue constant et en trouvant des domaines de coopération.

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De son côté, Joseph Nye, politologue américain, a déclaré dans sa chronique pour Project Syndicate que « cette compétition entre grandes puissances peut être dangereuse si elle est mal gérée, mais peut aussi être saine si nous jouons bien nos cartes ».

Concernant le changement climatique, « les Etats-Unis sont gagnants si la Chine améliore son efficacité énergétique et émet moins de dioxyde de carbone. Nous devons coopérer en même temps que nous sommes en concurrence », a déclaré Joseph Nye.

D’ailleurs, la déclaration Chine/Etats-Unis sur la crise climatique, publiée à l’issue des discussions entre l’envoyé spécial de la Chine pour le changement climatique, Xie Zhenhua, et l’envoyé spécial du président américain pour le climat, John Kerry, à Shanghai le mois dernier, la Chine et les Etats-Unis ont convenu de mettre en œuvre la réduction progressive de la production et de la consommation d’hydrofluorocarbures, conformément à l’amendement de Kigali au protocole de Montréal.

Les Etats-Unis et la Chine doivent créer des « garde-fous » dans leurs relations pour s’assurer qu’elles restent sur une voie prévisible et stable, a récemment déclaré à Xinhua Sourabh Gupta, chargé de recherche à l’Institute for China-America Studies, basé à Washington.

Ce dernier a exprimé l’espoir que les Etats-Unis « seraient en mesure de s’éloigner progressivement et imperceptiblement (…) de l’hostilité extrême qui avait été engendrée par l’administration précédente à l’égard de la Chine ».

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