Le ministre chinois des affaires étrangères, Wang Yi, est en visite à Madagascar, afin de rassurer les autorités et la population malgache du bien fondé de la présence chinoise dans la Grande île.

En effet, depuis plusieurs mois la tension monte au sein des habitants qui dénoncent l’obtention de permis d’exploitation détenus par des entreprises chinoises, au détriment des terres et surtout de l’agriculture locale.

De plus, certains estiment que Madagascar est le parent pauvre de la coopération sino-africaine, ne jouissant pas des investissements chinois, comme cela peut être le cas en Tanzanie, prochaine destination de Wang Yi.

Le ministre a tenté de rassurer ses hôtes, en affirmant que « des techniciens chinois sont venus, ont parcouru une longue distance pour venir ici, en quittant leur famille, ce n’est pas pour exploiter, ni pour coloniser, ni discriminer (…) ».

De son côté, son homologue malgache, Béatrice Atallah, a indiqué lors d’un point presse, samedi 7 janvier qu’il « y a eu des soucis concernant des entreprises chinoises, le gouvernement chinois a été saisi de la question. Il a affirmé son attachement à la responsabilité sociétale de leurs entreprises dans le cadre de la coopération Chine-Afrique. (…) On ne peut cependant pas généraliser, car cela pourrait également concerner d’autres entreprises d’autres nationalités« .

En réponse, Wang Yi a demandé à la population et aux dirigeants de ne pas mettre tous les investisseurs chinois dans le même panier. « Nous encourageons les entreprises chinoises à développer une coopération avec les pays africains, et en même temps nous leur demandons de respecter les lois et règlements locaux, et les us et coutumes sur place. Ils doivent assumer leur responsabilité sociétale, respecter l’environnement écologique et aider à l’amélioration des conditions de vie de la population locale« , a affirmé ce dernier.

Le ministre chinois a indiqué que « c’est vrai qu’il y a des cas particuliers, mais comme Madame la ministre l’a dit tout à l’heure, ces cas particuliers ne peuvent pas dissimuler les fruits de la coopération économique entre les deux pays. Et les problèmes quand il y en a, nous pouvons toujours les régler à l’amiable« .

D’autant plus que Antananarivo a décidé de s’engager dans  l’initiative de Xi Jinping, « une Ceinture et une Route« , dont « Madagascar prolongement naturel de la route de la soie maritime« , a cité L’Express de Madagascar.

En effet, Beijing tient à « renforcer la coopération bilatérale dans le domaine de l’infrastructure et la capacité de production industrielle, faire valoir ses atouts géographiques, et ses ressources naturelles particulières, pour faire de Madagascar un pays important et un trait d’union de cette autoroute avec le pays africain« , a indiqué Wang Yi.