Le président chinois Xi Jinping s’est entretenu le 5 février avec plusieurs dirigeants, dont ceux d’Égypte, de Serbie et de cinq États d’Asie centrale (Kazakhstan, Kirghizistan, Tadjikistan, Turkménistan et Ouzbékistan), profitant de l’ouverture des Jeux olympiques d’hiver de Pékin pour prendre des initiatives diplomatiques dans un contexte de tensions avec les États-Unis.

A la suite de ces rencontres, qui s’ajoutent à celle du 4 février avec le président russe Vladimir Poutine, Xi Jinping a présidé au Grand Palais du Peuple un banquet marquant le Nouvel An lunaire. Cet évènement est le premier auquel le président chinois participait depuis le début de l’épidémie de COVID-19, fin 2019.

Dans un toast de bienvenue, Xi Jinping a exprimé « ses sincères remerciements à tous les gouvernements, peuples et organisations internationales qui se soucient et soutiennent les Jeux olympiques d’hiver de Pékin ».

« La Chine a fait tout son possible pour surmonter l’impact de l’épidémie de coronavirus, a sincèrement rempli ses engagements solennels envers la communauté internationale et a veillé à ce que les Jeux olympiques d’hiver de Pékin se déroulent comme prévu », a-t-il ajouté, selon le texte du discours publié par l’agence de presse Xinhua.

Une trentaine de dirigeants étrangers ont assisté à Pékin à la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques d’hiver, boycottée diplomatiquement par les États-Unis, le Canada, l’Inde, le Japon, et d’autres pays occidentaux. Ces derniers accusent la Chine de violations des droits de l’homme dans la région du Xinjiang, dans le nord-ouest de la Chine.

Le journal Global Times a réagit aux commentaires de médias étrangers affirmant que l’événement n’avait attiré que des dirigeants « autoritaires », les accusant dans un éditorial de recourir à des « clichés anti-chinois dépassés ».

Xi Jinping s’est entretenu en particulier le 5 février avec le président du Kazakhstan, Kassym-Jomart Tokayev, le serbe Aleksandar Vucic et le président égyptien Abdel Fatta Al-Sisi, a rapporté Xinhua. Il a également rencontré le président turkmène Gurbanguly Berdymukhamedov et son homologue ouzbèke Shavkat Mirziyoyev.

Au cours de sa réunion avec le président égyptien Abdel Fattah al-Sisi, Xi Jinping a souligné une coopération bilatérale, en particulier dans la lutte contre Covid-19 et souhaitait que cela ouvre la voie à la Chine de créer une communauté qui partage un avenir commun avec le monde arabe et l’Afrique .

En négociations avec le président serbe Aleksandar Vucic, Xi Jinping a souligné l’amitié étroite entre les deux pays, et la Chine continuera de soutenir la Serbie dans la production de vaccins, la coopération multilatérale et les projets de ceinture et de route.

De son côté, le Premier ministre chinois, Li Keqiang, s’est entretenu de son côté avec le président de l’Équateur, Guillermo Lasso, la présidente de Singapour, Halimah Yacob, et le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Dans un communiqué conjoint publié après la rencontre entre Xi Jinping et Vladimir Poutine, le 4 février, les deux dirigeants affichent leur proximité, Moscou s’exprimant contre l’indépendance de Taïwan et la Chine apportant son soutien à la Russie dans son opposition à toute forme d’expansion de l’OTAN.

Kevin Rudd, ancien Premier ministre australien et président de l’Asia Society, a qualifié la déclaration conjointe de « très significative ». Selon lui, c’est « la première fois depuis la scission sino-soviétique que la Chine prend une position définitive sur la sécurité européenne pour soutenir la Russie sur quelque chose d’aussi fondamental que l’OTAN ».