Le Royaume-Uni et le Canada ont rejoint les Etats-Unis et l’Australie dans le « boycott diplomatique » des Jeux olympiques d’hiver de Pékin.

«Nous sommes profondément troublés par les violations des droits de la personne du gouvernement de la Chine. C’est pourquoi nous annonçons aujourd’hui que nous n’allons pas envoyer de représentant diplomatique aux Jeux olympiques et paralympiques de Pékin cet hiver», a déclaré le Premier ministre canadien Justin Trudeau lors d’une conférence de presse..

Ce dernier a souligné : « Je ne crois pas que la décision du Canada et des autres pays de ne pas envoyer de représentants diplomatiques apparaitra comme une surprise aux yeux de la Chine ».

Il a ajouté, selon les mêmes sources, que le boycott diplomatique est une manière pour le Canada de faire part à la Chine de sa «préoccupation» par les «atteintes aux droits humains exercés à l’endroit de la minorité ouïghoure».

Le boycott diplomatique signifie selon le Premier ministre fédéral que le Canada n‘enverra aucun représentant diplomatique aux Jeux de Pékin. Justin Trudeau a également évoqué la sécurité des athlètes canadiens qui prendront part aux JO d’hiver, indiquant que «tout sera fait par le Canada et nos alliés pour que les athlètes puissent se concentrer sur une chose seulement, c’est-à-dire de bien représenter le Canada et gagner».

Présente lors du point de presse, la ministre canadienne des Affaires étrangères, Mélanie Joly, a indiqué « qu’assurer la sécurité des athlètes était tout dans l’intérêt du pays hôte » (La Chine).

«Le plus important pour le Canada, c’est qu’on envoie un message très clair au gouvernement chinois concernant le fait que nous sommes préoccupés par rapport à la situation qui prévaut au Xinjiang en matière de droits de la personne», a-t-elle ajouté.

A Londres, lors de la séance hebdomadaire de questions devant le Parlement, le Premier ministre britannique Boris Johnson a annoncé qu’il y aurait « effectivement un boycott diplomatique des Jeux olympiques d’hiver de Pékin ».

Mais les athlètes britanniques se rendront aux JO qui démarrent le 4 février, a-t-il poursuivi, soulignant que le boycott sportif n’était « pas la politique » du Royaume-Uni.

« Le gouvernement chinois n’a pas invité » de ministres ou officiels britanniques, a rétorqué un porte-parole de l’ambassade de Chine à Londres, affirmant que les JO sont un rassemblement sportif, « pas un outil de manipulation politique pour quelque pays que ce soit ».

« La politisation du sport est une violation patente de l’esprit de la charte olympique, en particulier du principe de +neutralité politique+ », a poursuivi le porte-parole sur le site internet de l’ambassade.

Les tensions persistent entre Londres et Pékin, elles concernant à la fois le respect des droits humains au Xinjiang que la situation à Hong Kong. Devant les députés britanniques, Boris Johnson a assuré qu’il évoquait souvent auprès du gouvernement chinois la question des droits humains.

Pour expliquer sa décision, l’Australie a évoqué la question du respect des droits humains au Xinjiang, sans mentionnés les autres problèmes existant entre Canberra et Pékin.

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Interrogé lors d’un point de presse, le porte-parole de la diplomatie chinoise, Wang Wenbin, a assuré que son pays n’avait jamais eu l’intention d’inviter des hauts responsables australiens.

« Tout le monde se fiche de savoir s’ils viennent ou non », a-t-il lancé. La décision de Canberra « montre aux yeux de tous que le gouvernement australien suit aveuglément les pas d’un certain pays », a estimé Wang Wenbin, sans nommer les Etats-Unis.

Washington a en effet annoncé en début de semaine un « boycott diplomatique » au nom de la défense des droits humains. Pékin a rétorqué que « les Etats-Unis paieront le prix de leur mauvais coup ».

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Interrogé sur les conséquences de ces décisions sur les JO, le Comité international olympique a de nouveau invoqué sa « neutralité » pour s’abstenir de commenter ces « décisions purement politiques », se réjouissant surtout de l’absence de boycott sportif.

« L’intégrité des Jeux, c’est l’intégrité des compétitions sportives, c’est pourquoi notre attention se concentre pleinement sur les athlètes », a martelé mercredi face à la presse Thomas Bach, le patron de l’instance.

Pour Sophie Richardson, directrice de Human Rights Watch en Chine, ces boycotts sont une « étape cruciale vers la remise en cause des crimes contre l’humanité commis par le gouvernement chinois à l’encontre des Ouïghours et des autres communautés turques ».