Les Etats-Unis et la Chine ont repris le 14 mai leurs négociations commerciales sous la menace de la possible entrée en vigueur, la semaine prochaine des sanctions américaines pouvant relancer le risque d’une guerre commerciale.

Le président américain Donald Trump a fait part de son pessimisme avant de s’entretenir avec le vice-Premier ministre chinois Liu He. En effet, concernant un possible accord avec la Chine, il a souligné qu’il avait «tendance à en douter», ajoutant que «la raison pour laquelle je doute est que la Chine a été trop gâtée. Parce qu’ils ont toujours eu 100% de ce qu’ils voulaient de la part des Etats-Unis».

Les Etats-Unis pas certains d’arriver au consensus

La réunion avec le haut responsable Liu He, proche du président Xi Jinping, n’était initialement pas à l’agenda du président américain. «Cela signifie qu’il y a un grand intérêt à poursuivre les négociations et à essayer de parvenir à des solutions concernant des pratiques commerciales déloyales et illégales», a commenté son conseiller économique Larry Kudlow.

Le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin, dirige les 17 et 28 mai, les discussions avec la délégation dirigée par Liu He, afin de trouver des solutions aux points de tensions entre les deux pays. La précédente session de négociations s’étaient achevées sans avancées majeures.

Le différend avec les Etats-Unis devrait durer

Les réunions sont «centrées sur le rééquilibrage des relations économiques entre les Etats-Unis et la Chine», avait précisé le 14 mai 2018 la Maison Blanche, qui exige notamment du gouvernement chinois une réduction de 200 milliards (168 mds €) du déficit commercial des Etats-Unis avec la Chine, qui a atteint 375 milliards (315 milliards d’euros) en 2017.

Donald Trump accuse Beijing d’avoir des pratiques commerciales «déloyales», estimant également que le commerce était «une voie à sens unique» avec ses partenaires commerciaux.

Les Etats-Unis ont instaurés des taxes de 25% sur les exportations d’acier de la Chine vers les Etats-Unis et de 10% sur celles d’aluminium. L’Empire du milieu pourrait subir de nouvelles taxes sur 50 milliards de dollars (42 mds €) de marchandises. Avec ces taxes, le gouvernement américain veut composer ce qu’il considère comme du vol de propriété intellectuelle à l’encontre des entreprises américaines.

La Chine prête à répliquer

De son côté, la Chine a agité la menace de représailles sur les biens américains à hauteur de 50 milliards de dollars (42 mds€), visant particulièrement les produits agricoles, dont le soja américain très dépendant du marché chinois.

La viande de porc américaine et les automobiles fabriquées aux Etats-Unis sont aussi dans le collimateur des douanes chinoises, qui ont commencé à renforcer les inspections. Le ministère chinois du commerce a dit espérer que les négociations aboutissent à une résolution des différends. «Mais nous nous tenons bien sûr prêts à répondre à toute éventualité», a indiqué son porte-parole, Gao Feng, lors d’un point presse.

D’ailleurs, le dossier ZTE est sur la table. Le géant chinois des télécoms a dû cesser ses principales activités, suite à la décision de l’administration Trump d’interdire pendant sept ans l’exportation de composants électroniques américains destinés à ZTE.

.Donald Trump a souligné que Xi Jinping lui avait demandé d’intervenir dans ce dossier car de nombreux emplois chinois étaient menacés. «Je lui ai dit que je regarderais. (…) Mais quoi que nous fassions pour ZTE, c’est une petite partie de l’accord général», a-t-il commenté.

Beijing attend une solution des Etats-Unis au problème de ZTE