Reporters sans frontières (RSF) appelle la nouvelle agence anti-corruption chinoise à libérer le journaliste Chen Jieren et ses proches, détenus à l’isolement depuis déjà deux semaines. Le reporter, qui dénonçait les abus de cadres du Parti, est accusé de “chantage” et “corruption.”

Le journaliste indépendant Chen Jieren a été arrêté à son domicile à une date incertaine, entre le 4 et 6 juillet, dans la ville de Shaoyang (Hunan, Sud) dans le cadre d’une enquête de la Commission nationale de supervision, l’autorité centrale anti-corruption créée en début d’année en Chine. L’épouse et les deux frères du journaliste, ainsi que deux de ses collaboratrices, ont également été arrêtés.

Selon le Bureau de la sécurité publique de la ville de Chenzhou (Hunan), Chen Jieren est accusé “d’extorsion”, de “chantage” et de “corruption” et détenu à l’isolement sous le régime dit de “résidence surveillée dans un lieu désigné” (RSDL), un euphémisme qui désigne les “prisons noires” chinoises. Deux avocats de Pékin, Tong Zongjin et Zhang Lei, qui ont tenté d’entrer en contact avec lui, ont vu leur demande rejetée.

“L’arrestation de Chen Jieren et de ses proches est la preuve que la Commission nationale de supervision récemment créée est en fait un outil supplémentaire de répression utilisé par le président Xi Jinping à l’encontre des journalistes », a dénoncé  Cédric Alviani, directeur du bureau Asie de l’Est de RSF. Ce dernier a appelé les autorités chinoises à “immédiatement libérer M. Chen, sa famille et ses collaboratrices.”

Diplômé en droit de la prestigieuse université Tsinghua, Chen Jieren est un journaliste reconnu ayant collaboré par le passé avec de grands médias chinois tels que le China Youth Daily, le China Philanthropy Times et le Quotidien du Peuple. Son arrestation intervient peu après que le journaliste ait mis en cause la compétence et la probité de deux cadres du Parti communiste chinois (PCC). Le compte WeChat du journaliste, intitulé Jieren Guancha, a été désactivé depuis son arrestation.