dimanche, mai 19

Semi-conducteurs: débat autour du rachat chinois d’un groupe britannique

L’usine de puces électroniques du fondeur Newport Wafer Fab, située à Newport, au Pays de Galles, a été rachetée par Nexperia, un fabricant issu du néerlandais NXP, et détenu par le groupe chinois d’électronique Wingtech.

Le rachat de ce plus grand fabricant britannique de semi-conducteurs par un groupe chinois passe mal au Royaume-Uni dans le rang des conservateurs.

La transaction a été officiellement annoncée le 5 juillet 2021. Selon le chaîne américaine CNBC, le montant s’élève à environ 63 millions de livres sterling, l’équivalent de 87 millions de dollars (74 millions d’euros).

Nexperia, société néerlandaise de semi-conducteurs appartient au chinois Wingtecha acquit le gallois Newport Wafer Fab.  Ce rachat a relancé le débat autour de l’intérêt porté par la Chine envers certains secteurs stratégiques au Royaume-Uni, un an après la décision du gouvernement d’exclure l’équipementier Huawei du réseau 5G.

Lire aussi : La Chine dénonce la décision de Londres d’interdire Huawei

Les semi-conducteurs sont devenus un domaine très sensible car la pandémie a entraîné une pénurie de puces électroniques causant de gros problèmes d’approvisionnement et qui touchent en particulier l’industrie automobile.

Ce rachat fait grincer des dents au sein du parti conservateur, le député Tom Tugendhat a estimé sur Twitter que valider cette opération ne serait pas cohérent avec «les commentaires faits aux côtés de nos alliés américains et les autres lors du G7».

En effet, lors du sommet en Cornouailles, les occidentaux se sont associés aux États-Unis pour préparer une riposte contre la Chine, via un plan d’infrastructures. Raison pour laquelle, Tom Tugendhat s’étonne que Londres se tienne en retrait malgré la nouvelle loi sur la sécurité nationale et l’investissement (National Security and Investment Act).

Lire aussi : Les investisseurs piratent 15% de la valeur des semi-conducteurs en trois jours

Cette loi a doté le Royaume-Uni de nouvelles dispositions, lui permettant d’empêcher certaines entreprises étrangères de racheter des actifs stratégiques dans des sociétés britanniques, pour des raisons de sécurité nationale.

Un porte-parole de Downing Street a dit «continuer à suivre la situation de près», mais il a estimé qu’il n’était pas approprié d’intervenir pour l’instant.

Nexperia, était déjà actionnaire de Newport avant le rachat, a expliqué que le site au Pays de Galles pourra compléter ses autres implantations à Manchester (nord de l’Angleterre) et à Hambourg en Allemagne.

«Nexperia a des projets de croissance ambitieux et l’apport de Newport va aider à répondre à l’augmentation de la demande pour les semi-conducteurs», a souligné Achim Kempe, responsable des opérations pour la société néerlandaise.

De son côté, Paul James, le directeur du site de Newport, a salué une «grande nouvelle pour le personnel ici à Newport et pour le monde des affaires dans la région, puisque Nexperia va apporter de l’investissement et de la stabilité, ce qui était vraiment nécessaire».

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *