La réunion des dirigeants économiques de l’APEC (Coopération économique Asie-Pacifique), s’est ouverte à Lima, au Pérou, le 14 novembre, dans le but d’établir une zone de libre-échange (ZLE) dans la région et de promouvoir l’intégration régionale et la mondialisation.

Ce Forum rassemble 21 pays représentant près de 60% de l’économie mondiale et 40% de la population mondiale. Placé sur le thème « Croissance  de qualité et développement humain« , ce 24e Sommet de l’APEC traitera de la connectivité économique régionale et la croissance de qualité, du marché vivrier régional, de l’internationalisation des micro, petites et moyennes entreprises (MPME), et du développement des ressources humaines.

Interviewé par l’agence de presse, Xinhua, Ulises Granados, expert en relations internationales et coordinateur du Programme d’études Asie-Pacifique de l’Institut technologique autonome du Mexique (ITAM), a indiqué qu’au cours de cette réunion, « il y aura certainement plusieurs avancées sur des sujets d’intérêt, et d’autres questions de nature politique seront certainement abordées, par exemple la récente élection présidentielle américaine ».

En effet, les membres de l’APEC vont débuter les négociations techniques sur une Zone de libre-échange de l’Asie-Pacifique (FTAAP), comme convenu lors du sommet de l’APEC de 2014 à Beijing.  Dans le cadre de ce FTAAP, l’intégration économique de l’APEC devrait rendre plus efficace le commerce régional, qui représente environ 57% du PIB mondial et 49% de tous les flux commerciaux internationaux.

Le potentiel de ce marché est considérable. Le traité devrait faciliter le commerce, améliorer la compétitivité des petites et moyennes entreprises, et augmenter le flux de commerce dans les services, d’après l’expert mexicain.

« Si l’accord est atteint, il va sans aucun doute générer davantage de bénéfices« , a ajouté Ulises Granados. Toutefois, l’élection du républicain, Donald Trump, à la Maison Blanche, est également un sujet important, car elle remet en cause l’ordre économique mondial.

Lors de sa campagne électorale, Donald Trump avait pris pour cible, au nom du protectionnisme, l’accord de libre-échange entre les Etats-Unis, le Mexique et le Canada (Alena, 1994), ainsi que le Partenariat transpacifique (TPP). Ce traité, signé en 2015 par 12 pays*, n’a pas encore été ratifié aux Etats-Unis, et pourrait bien être enterré.

Une occasion pour Beijing de refaçonner le paysage des échanges économiques en Asie en poussant son projet de Zone de libre-échange Asie-Pacifique (FTAAP), qui vise à rassembler les 21 membres de l’APEC. Beijing souhaite également porter le RCEP, projet d’accord de libre-échange entre l’ASEAN (Association des nations du sud-est asiatique), l’Australie et la Chine, mais sans les Etats-Unis.

Plusieurs pays ont assuré qu’en cas d’échec du TPP, d’autres accords commerciaux viendraient combler le vide créé, particulièrement ceux de venant de l’Empire du milieu. « La Chine restera ferme et déterminée. Nous sommes également confiants« , a assuré la semaine dernière le vice-ministre des affaires étrangères Li Baodong.

 *Australie, Brunei, Canada, Chili, Japon, Malaisie, Mexique, Nouvelle-Zélande, Pérou, Singapour, Etats-Unis et Vietnam