Les présidents américain Donald Trump et nord-coréen Kim Jong Un ont affiché leur bonne entente lors d’un sommet historique, le 12 juin, ayant abouti à la signature d’un document commun avancée réelle sur le dossier nucléaire.

Le ministre des affaires étrangères, Wang Yi, a appelé ce 12 juin les dirigeants de la Corée du nord et des Etats-Unis à parvenir à «un consensus de base sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne et l’établissement d’un mécanisme de paix».

Pour ce dernier, ce sommet est d’une «grande importance et une signification positive», mais surtout pour lui, il écrira «une nouvelle page de l’Histoire». «Nous espérons que les deux dirigeants oeuvreront à éliminer les obstacles, instaureront une confiance mutuelle, surmonteront les difficultés, atteindront un consensus de base et réaliseront des progrès substantiels dans la promotion de la dénucléarisation et de l’établissement d’un mécanisme de paix sur la péninsule coréenne», a indiqué le ministre.

Dans un article, le site de Radio France Internationale explique que «le revirement de la politique étrangère de Pyongyang et sa volonté de se rapprocher des Etats-Unis, peuvent être dus au style direct et belliqueux du président américain (…) Mais c’est aussi un effet de la dégradation de la relation entre Pyongyang et Pékin».

Au cours de ces dernière décennies, la Chine a toujours été un allié indéfectible de la Corée du Nord, et son intermédiaire avec le reste du monde, mais depuis l’entrée au pouvoir du 3ème de la génération Kim, Jong-un en 2011, les relations n’ont pas cessé de se dégrader.

A Beijing, «Xi Jinping a dès le début pris un peu de haut ce jeune leader héritier, et dernièrement, l’a mis sous pression en appliquant les nouvelles sanctions des Nations unies», a indiqué Radio France Internationale.

Pascal Vennesson, professeur de sciences politiques à l’école S. Rajaratnam d’Etudes Internationales (RSIS) de Singapour a expliqué à la radio française que «la Corée du Nord a organisé en quelque sorte ces tests nucléaires précisément à des moments qui pouvaient embarrasser la Chine (…) lorsque la Chine présidait des grands forums internationaux. Donc il y a eu vraiment des marques de tension entre les deux Etats».

A Pyongyang, l’inquiétude grandit vis-à-vis de l’influence grandissante de la Chine dans la péninsule et de sa propre dépendance à son allié historique. «A partir du moment où le régime nord-coréen souhaite mettre l’accent sur le développement économique, il doit trouver de nouveaux partenaires afin d’assurer sa stabilité par d’autres moyens que par la carte sécuritaire ou militaire», a expliqué Pascal Vennesson.

De son côté, François Clemenceau, rédacteur-en-chef international du JDD, la Chine attend beaucoup de ce sommet : «ce serait par exemple la possibilité d’obtenir une sorte de donnant-donnant qui affaiblit les Etats-Unis et ses deux grands alliés dans la région que sont la Corée du Sud et le Japon».

Ce dernier a expliqué que «l’Amérique offre son parapluie nucléaire à Séoul et à Tokyo depuis la fin de la deuxième guerre mondiale et la guerre de Corée ainsi que la présence permanente de 30.000 soldats américains (…). Si d’aventure, les Etats-Unis étaient prêts à échanger une dénucléarisation de la Corée du Nord contre une forme de désengagement militaire de la péninsule, ce serait une énorme victoire diplomatique et stratégique» pour la Chine.

«Ce double gel auquel la Chine a si souvent fait allusion publiquement repousserait ou limiterait le potentiel militaire américain de la zone d’influence hégémonique de la Chine», a assuré ce dernier.

«Donald Trump est-il prêt pour ce deal? Ses conseillers sur le sujet sont divisés. (…) le retrait (des Etats-Unis dans la région, ndlr) était hors de question, car ce serait laisser la Chine étendre son pouvoir dans la zone mais d’autres conseillers ne seraient pas furieux de voir les forces américaines se replier sur leurs stricts intérêts», a assuré le journaliste.