Dans une tribune publiée par L’Economiste, journal économique marocain, l’ambassadeur de Chine au Maroc, Sun Shuzhong a assuré que les investissements chinois en Afrique ne seront pas impactés par le ralentissement de l’économie chinoise. En effet, depuis le choc boursier d’août, certains économistes et observateurs africains s’inquiètent de l’impact du ralentissement de la Chine, qui est l’un des principaux alliés économique et commercial du continent.

china-africa-300x300Ainsi, l’économiste Foly Ananou explique sur le site Afrique Inside qu’« alors que le ralentissement en Chine inquiète (du fait qu’il est l’un des principaux acheteurs du monde), les pays africains se montrent sereins (très peu de débats sur la question). Une sérénité qui s’explique, ou tout simplement l’impuissance d’un habitant d’une maison préfabriquée qui voit venir l’orage ? ».

La Chine représente 17% des importations africaines en 2014 contre 8% en 2005 et 14% des exportations africaines en 2014 (6% en 2005). A contrario, l’Afrique représente en 2014 près de 3% des exportations chinoises et 5% des importations chinoises. L’économiste assure que « la dépendance de l’Afrique vis-à-vis de la Chine est plus qu’une évidence et elle s’explique. La majorité des pays africains ont toujours été les fournisseurs des ateliers du monde ».

Toutefois, pour l’ambassadeur, Sun Shuzhong, la « nouvelle normalité (de l’économie chinois, ndlr) ne compromettra pas l’investissement de la Chine en Afrique ». Cette nouvelle normalité est le tournant récemment prit par l’économie chinoise pour restructurer son modèle économique. Désormais, l’économie sera basée sur la consommation intérieure et l’investissement. En effet, subissant les effets de la crise économique et financière internationale, le niveau des exportations de la Chine ont chuté ces derniers mois, laissant craindre une crise aussi importante qu’en Europe ou aux États-Unis.

Pour éviter une telle situation, le gouvernement chinois a mit en place une série de mesure visant à changer de modèle de développement. L’objectif est de redynamiser l’économie, maintenir une croissance à 7% et répondre aux attentes de la population chinoise. Car une baisse de la croissance entraînerait des vagues de contestation, hantise pour le pouvoir central qui a misé depuis Deng Xiaoping sur le développement économique comme maintient d’une « société harmonieuse » (slogan de mandature de Hu Jintao).

Ainsi, Shu Shuzhong a expliqué que « les pays africains cherchent à accélérer leur industrialisation et modernisation, et la Chine, en plein chantier pour la restructuration de son économie et la montée en gamme de ses industries, dispose de fonds, de technologies, d’équipements et de capacités de production ».

Sans oublier « le Fonds de la Route de la Soie de 40 milliards de dollars américains créé par le gouvernement chinois, sincèrement animé d’une volonté politique d’aider les pays africains à réaliser leur auto-développement ».

Les engagements de la Chine envers l’Afrique devraient prendre forme lors du prochain Sommet du Forum sur la coopération sino-africaine qui aura lieu les 4 et 5 décembre en Afrique du Sud. A cette occasion, Beijing va tenter de rassurer ses partenaires et instaurer une coopération durable et surtout stable, dans un contexte économique et politique tendu.