« Je suis né dans le comté de Jinghai, près de Tanjin, le onzième mois de la vingtième année du règne de l’empereur Guangxu (novembre 1902). Castré à l’âge de 8 ans, je suis arrivé à Pékin à 15 ans, rêvant de richesses et d’honneurs. »  

Né dans une famille pauvre de la région de Tianjin, Sun Yaoting a servi le dernier empereur de Chine Puyi et sa cour. Il a été émasculé à l’âge de 8 ans, puis envoyé sept années plus tard dans l’enceinte du Palais Impérial pour assister les dernières princesses de la dynastie Qing et les concubines de l’empereur.

Sun Yaoting a été inspiré par un eunuque plus âgé qui vivait dans son village et qui était très riche. Il décide donc par lui-même de devenir eunuque.  Ce dernier arrive au moment de la chute de l’empire Qing. Cependant, l’empereur conserve les attributs du pouvoir dans la Cité interdite.

Sun Yaoting est arrivé à Beijing à l’âge de 14 ans, portant encore la natte des garçons chinois de l’époque. Il a obtenu un emploi avec l’un des oncles de l’empereur, et plus tard avec la femme de Puyi.

Sun Yaoting a suivi la famille impériale en Mandchourie après que Puyi a été installé en 1932 en tant qu’empereur fantoche d’un État colonial japonais connu sous le nom de Mandchoukouo. Sun Yaoting était au courant des secrets les plus intimes de la cour, la dépendance à l’opium et la grossesse hors mariage de la première épouse de l’empereur, Wanrong, ainsi que l’ambivalence de l’empereur à propos de sa propre sexualité.

Sun Yaoting dira dans l’ouvrage «The last eunuch of China» que l’empereur Wanrong s’intéressait moins à sa femme qu’à un eunuque en particulier qui « ressemblait à une jolie fille avec sa silhouette haute et mince, son beau visage et sa peau blanc crème ». Il a rappelé que les deux étaient « inséparables en tant que corps et ombre ».

Après l’arrivée du Parti Communiste Chinois au pouvoir, de nombreux eunuques sont devenus des parias, sans argent. Quelques-uns se sont noyés dans les douves de la Cité Interdite. Sun Yaoting, l’un des rares à savoir lire et écrire, a obtenu un emploi de gardien du temple bouddhiste de Ganhua, à Beijing, où il a vécu jusqu’à sa mort. Les souvenirs d’un fils adoptif et d’un petit-fils, ainsi que la biographie, font de lui l’un des eunuques les plus documentés des temps modernes.

« Le dernier eunuque de Chine : la vie de Sun Yaoting (The Last Eunuch of China) » est une biographie de Sun Yao Ting datant de 1992 de l’écrivain chinois Jia Yinghua. Ce livre dépeint toute la vie réelle de Sun Yaoting, qui est le dernier eunuque impérial de Chine : de son entrée dans le palais impérial à sa vieillesse.

En tant que personne proche de l’empereur, de l’impératrice et des concubines impériales, Sun Yaoting a participé à la vie politique de la cour royale et a été témoin d’événements extraordinaires, comme l’expulsion de Puyi du palais royal et sa réémergence en tant que monarque du régime fantoche en Mandchourie.

Sun Yao Ting raconte dans l’ouvrage ses périples et ses sentiments vis-à-vis de ce style de vie extravagant du dernier palais royal et a connu l’effondrement du dernier empire impérial, Qing, et a ressenti les nouveaux changements apportés par le nouvel âge.

L’ouvrage a été traduit en 15 langues étrangères et publié à l’étranger.La biographie, « Le dernier eunuque de Chine : la vie de Sun Yaoting », décrit de très nombreux  détails sur la manière de devenir eunuque et sur sa vie en tant que telle.

« Les eunuques étaient très mystérieux et à certains égards plus intéressants que les empereurs eux-mêmes« , a déclaré Jia Yinghua, biographe de Sun Yaoting. Ce dernier a rencontré Sun Yaoting alors qu’il recherchait un livre sur Puyi et a enregistré 100 heures de conversations avec lui.

D’ailleurs, le musée des eunuques se trouve dans un cimetière envahi par la végétation avec des gardiens de pierre et une tombe pour l’eunuque de la dynastie Ming Tian Yi, décédé en 1602. Les eunuques n’étaient pas autorisés à être enterrés avec leurs familles, donc plusieurs autres eunuques favorisés ont trouvé leur dernière demeure à Tian, l’enceinte de Yi dans les contreforts de l’ouest de Beijing.

Cachées derrière ce qui avait été une école primaire, les tombes ont échappé à la destruction pendant la Révolution culturelle et ont été ouvertes au public en 1999.  «Les eunuques font partie d’une longue tradition chinoise qui se poursuit à ce jour dans laquelle les gens ordinaires devaient tout faire pour servir le gouvernement central tout-puissant», a expliqué au Los Angeles Times, Cui Weixing, un critique littéraire et culturel qui a écrit sur les eunuques.

«C’est peut-être pour cette raison que le gouvernement chinois n’est pas si désireux de faire connaître quoi que ce soit sur les eunuques. Mais c’est un bon début que nous ayons ce musée pour que les gens puissent commencer à apprendre», a indiqué ce dernier.