La présence 38 avions militaires chinois dans sa zone d’identification de défense aérienne (ADIZ/ZIDA, selon son acronyme), a conduit Taïwan à faire décoller des aéronefs.

Il s’agit du nombre le plus élevé d’avions depuis que le ministère de la défense publie quotidiennement la situation sur son site le 17 septembre 2020.

UNE CONFRONTATION CONTINUE

Les incursions de l’aviation chinoise dans la zone aérienne de défense de l’État insulaire sont de plus en plus fréquentes. L’armée taiwanaise de l’air a publié à deux reprises la situation des appareils chinois dans la ZIDA taïwanaise, selon RTI.

Dans un premier temps, l’armée taiwanaise a annoncé avoir observé 18 chasseurs polyvalents J-16, 4 Soukhoï Su-30, 2 bombardiers H-6K et 1 avion anti-sous-marins Y-8 dans la partie sud-ouest de la ZIDA.

Par la suite, l’armée taiwanaise a publié un deuxième communiqué annonçant la pénétration de 10 chasseurs J-16, 2 bombardiers H-6K et un avion de détection et de commandement KJ-500 dans la ZIDA taïwanaise en précisant qu’un J-16 et un H-6K ont même été dans les eaux du sud-est de Taïwan.

Le dernier record date du 15 juin avec 28 appareils chinois repérés. Taïwan accuse Pékin de faire monter la pression et de vouloir nuire à la paix dans la région.

Un nombre record d’avions militaires chinois, 38 au total, ont pénétré dans la zone d’identification de défense aérienne de Taïwan vendredi 1er octobre, jour anniversaire de la Chine communiste, a annoncé Taïpei le 2 octobre.

NAVIRE BRITANNIQUE DANS LE DETROIT DE TAÏWAN

Pour Taiwan, il s’agit d’une démonstration de force intervenant quelques jours après que Pékin a accusé le Royaume-Uni d’avoir envoyé un navire de guerre dans le détroit de Taïwan avec de «sinistres desseins».

En effet, un navire de guerre britannique a traversé le 27 septembre le détroit de Taïwan, a annoncé la Royal Navy. Il s’agit d’un trajet rare pour un navire non-américain dans des eaux controversées et qui devrait tendre les relations avec Pékin.

L’annonce a été faite sur le compte Twitter du HMS Richmond, une frégate déployée avec le groupe d’attaque du porte-avions britannique HMS Queen Elizabeth. «Où que la Royal Navy opère, elle le fait en totale conformité avec le droit international», a-t-il ajouté dans un communiqué.

«Le Royaume-Uni a un éventail d’intérêts sécuritaires constants dans (la région) Indo-Pacifique et beaucoup d’importantes relations bilatérales (dans le domaine) de la défense ; ce déploiement est un signe de notre engagement envers la sécurité régionale», a ajouté le ministère.

«Après une période de travail chargée avec nos partenaires et alliés dans la mer de Chine orientale, nous sommes désormais en route à travers le détroit de Taïwan pour rendre visite au Vietnam et à la Marine populaire du Vietnam», précise le tweet.

Le commandement de l’Armée populaire de libération a condamné cet acte, accusant la Grande-Bretagne de nourrir de «mauvaises intentions visant à saboter la paix et la stabilité dans le détroit de Taïwan».

38 ENGINS MILITAIRES DANS LA ZONE

« La présence dans sa zone d’identification de défense aérienne («Adiz», selon son acronyme en anglais) de 22 avions de chasse, deux bombardiers et un avion de lutte anti-sous-marine a conduit les forces militaires taïwanaises à faire décoller leurs propres aéronefs pour leur intimer l’ordre de partir », a indiqué le ministère taiwan de la Défense.

Dans la nuit du 1er au 2 octobre, un deuxième groupe de 13 avions a pénétré dans l’Adiz, ce qui porte le nombre total d’appareils total à 38, selon le ministère.

Une zone d’identification de défense aérienne est un espace aérien dans lequel un État souhaite identifier et localiser les aéronefs pour des raisons de sécurité nationale.

Plus de 500 ont déjà été détectées cette année contre 380 en 2020, ce qui constituait déjà un record. Le précédent record quotidien remonte au 15 juin, lorsque 28 appareils avaient franchi la zone de défense aérienne de Taïwan.

La Chine considère Taiwan comme une province rebelle appelée à rentrer dans son giron, si nécessaire par la force. La Chine a rappelé la position de Taiwan vis-à-vis de la Chine depuis l’élection en 2016 de la dirigeante Tsai Ing-wen, qui rejette la vision de Pékin selon laquelle l’île fait partie d’une «seule Chine».

Dernièrement, Pékin a envoyé 24 appareils dans cette zone après que Taïwan a demandé à adhérer à un important accord commercial transpacifique.