Taïwan est en train de finaliser un achat massif de chasseurs F-16 à la société américaine Lockheed Martin, ce qui devrait provoquer la colère de la Chine.

Taïwan a finalisé un achat massif de chasseurs F-16, dont le montant pourrait aller jusqu’à 62 milliards de dollars (55,8 mds€) sur 10 ans, avec le constructeur aéronautique américain Lockheed Martin.

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Conscient que le sujet est sensible, le Pentagone a annoncé la finalisation de ce contrat le 14 août dans la soirée sans préciser le nom du pays acheteur. Mais une source proche du dossier a révélé à l’Agence France Presse qu’il s’agissait de Taïwan. La République de Chine avait obtenu en août 2019 le feu vert de Washington pour l’achat de 66 F-16 de nouvelle génération.

Taïwan dispose déjà d’une flotte de F-16 achetés en 1992 et le contrat porte sur des appareils plus récents, équipés de technologies et d’armements modernisés. Le document prévoit une commande pouvant atteindre jusqu’à 90 appareils, a précisé le communiqué du Pentagone.

La Chine considère Taïwan comme une partie de son territoire. L’île est dirigée de manière autonome, depuis 1949, à l’issue de la guerre civile chinoise. De son côté, Washington, qui a rompu en 1979 ses relations diplomatiques avec Taïwan, afin de reconnaître Beijing comme le seul représentant de la Chine, reste l’allié le plus puissant de l’île, et son principal fournisseur d’armes.

Ce contrat intervient après la visite inédite à Taïwan d’un haut responsable américain qui a provoqué la fureur de la Chine, dans un contexte de tensions croissantes entre les Etats-Unis et la Chine sur une multitude de sujets tels que la pandémie, Hong Kong, les droits humains, le Tibet, le Xinjiang, les rivalités commerciale et technologique…

Depuis l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche, les États-Unis prennent leurs distances avec le concept de «Une seul Chine», et ont revu leurs relations avec Taipei dans le cade du «Taïwan Relations Act», adopté en 1979.

A cela s’ajoute les tensions entre Taïwan et la Chine s’accentuent. Les pressions diplomatiques et militaires, et les multitudes mises en garde devraient aboutir à une réunification de la Chine et Taïwan, que ce soit pacifiquement ou par la force.

« Si la possibilité d’une réunification pacifique échoue, l’Armée populaire de libération prendra, avec l’ensemble du pays – y compris le peuple de Taïwan – toutes les mesures nécessaires pour briser résolument tout complot ou action séparatiste », a assuré le général Li Zuocheng, le chef du département d’état-major interarmées de l’Armée populaire de libération [APL].

Or Taïwan craint d’être le «prochain Hong Kong», régit désormais par une nouvelle loi sur la sécurité nationale, réduisant l’autonomie dont bénéficiait Hong Kong depuis sa rétrocession à la Chine, en 1997.

«Notre vie quotidienne est de plus en plus difficile alors que la Chine continue de faire pression sur Taïwan pour que nous acceptions ses conditions politiques, des conditions qui feront de Taïwan le prochain Hong Kong», a déclaré, le 11 août, Joseph Wu, le ministre taïwanais des Affaires étrangères.

En juillet, alors que la loi sur la sécurité nationale pour Hong Kong est mise en vigueur, ce dernier a évoqué une «intensification» des activités militaires «menaçantes» de la Chine dans les environs du détroit de Taïwan.

Raisons pour lesquelles, les dépenses militaires taïwanaises vont progresser de 10,2%, pour s’établir à près de 13 milliards d’euros en 2021, après une progression de +7% environ pour 2020.

«L’augmentation régulière du budget de la défense facilite la mise en œuvre de diverses tâches de construction de nos capacités militaires et de préparation de guerre tout en permettant d’assurer la sécurité nationale ainsi que la paix et la stabilité régionales», a expliqué le ministère taïwanais de la Défense.