Dans un communiqué de presse, le Bureau de Représentation de Taipei en France a fait part de son opposition ferme aux pressions exercées par la Chine sur les entreprises internationales, telle qu’Air France.

 Suite à des vérifications du Gouvernement chinois concernant l’appellation de Taïwan sur des sites Internet d’entreprises internationales installées en Chine (voir annexe ci-dessous), le site du groupe hôtelier américain Marriott International a été fermé en janvier de cette année sous prétexte que Taïwan y était désigné comme un pays.

En janvier puis en avril, la Direction chinoise de l’Aviation civile a donné un délai à 36 compagnies aériennes étrangères pour ne plus présenter Taïwan comme un pays sur leur site Internet, application ou tout autre instrument de communication, et d’utiliser l’appellation «Taïwan, Chine» ou bien «Région de Taïwan, Chine», sous peine de quoi elles seraient punies par des sanctions administratives conformément à la loi chinoise.

Le Département d’Etat des Etats-Unis s’est opposé publiquement aux restrictions faites par la Chine sur les sites Internet des entreprises américaines et a fait part de sa vive préoccupation au Gouvernement chinois. Le porte-parole de la Maison blanche a quant à lui parlé d’une «absurdité orwellienne», en soulignant que la censure et la rectitude politiques chinoises imposées aux citoyens américains et au monde libre pourraient faire l’objet d’un boycott. Le Gouvernement australien a déclaré de son côté que des entreprises privées ne devaient pas être manipulées par le Gouvernement chinois.

L’attitude barbare du Gouvernement chinois concernant Taïwan est une ingérence dans le droit des entreprises et du peuple des autres Etats, en-dehors du territoire chinois. Les Gouvernements concernés ne devraient pas rester sans réagir, faute de quoi la pression chinoise pourrait augmenter encore et la Chine pourrait penser à tort que les Gouvernements ne souhaitent pas protéger par la loi leurs entreprises et leur population.

Selon l’article 6 de l’Accord général sur le Commerce des Services de l’OMC, ainsi que l’annexe dédiée au service du transport aérien, les mesures concernant les systèmes informatiques de réservation et le marketing doivent rester dans le domaine de la raison, de la justesse et de l’objectivité, et il est clair que, dans ces conditions, le Gouvernement chinois enfreint les règles de l’OMC.

Annexe :

  • Le 9 janvier 2018, le média officiel chinois Global Times dénonce le groupe hôtelier américain Marriott International pour la mention de Taïwan, Hong Kong, Macao et le Tibet dans la liste des nationalités d’un questionnaire.
  • Le 11 janvier de la même année, la page Weibo du site officiel Xinhuanet dénonce le fait que des marques internationales de produits de luxe comme Bulgari, Chanel ou Van Cleef & Arpels présentent Taïwan comme un pays dans leur site Internet en chinois et anglais.
  • Le 12 janvier, Global Times précise que, outre le groupe Marriott, la société espagnole de prêt-à-porter ZARA et la société américaine de matériel médical Medtronic désignent Taïwan comme un pays. Marriott et ZARA présentent des excuses publiques et corrigent leur site.
  • Le 13 janvier, la Direction chinoise de l’Aviation civile diffuse un communiqué demandant à toutes les compagnies aériennes étrangères desservant la Chine de vérifier si Taïwan n’est pas désigné comme un pays ou une nationalité dans leur site Internet, application ou tout autre moyen de communication. Elle demande en outre à 24 compagnies aériennes de corriger leur site dans un délai imparti.
  • Le 25 avril, la Direction chinoise de l’Aviation civile envoie un courrier à l’Association internationale du Transport aérien IATA obligeant toutes les compagnies membres d’abaisser le statut de Taïwan dans leur site Internet, et écrit le même jour à 36 compagnies aériennes pour leur demander d’enlever toute désignation qui pourrait faire apparaître Taïwan comme indépendant ou séparé de la Chine, pour se conformer aux restrictions du principe de séparatisme.