La Chine est en pleine voie de développement, et la croissance de son PIB bat même des records avec des chiffres annonçant +18% pour le premier semestre de 2021. Les opportunités d’affaires en Chine et/ou avec la Chine sont nombreuses. Mais encore faut-il réussir à maintenir de bon rapport avec l’usine du monde.

Et ce ne serait plus trop le cas de Tesla…

TESLA : les prouesses d’un Américain

Voiture Tesla

Tesla est un constructeur automobile spécialisé dans les voitures hybrides et électriques dont le siège social se situe en Californie, aux Etats-Unis.

C’est une marque jeune qui a vu le jour en 2003 et qui peut aujourd’hui jouir d’une certaine renommée mondiale grâce à ses modèles 100% électriques, hybrides et surtout… luxueux.

Pour information, il faut compter 43 000€ pour une berline 100% électrique. Et c’est une des moins chères. Les Tesla ne sont pas donnés, mais elles trouvent clients.

Et la Chine en fait faisait partie.

Le Gouvernement chinois a soutenu Tesla

La Chine s’est de plus en plus ouverte aux entreprises étrangères, et elle va même jusqu’à en soutenir certaines. Surtout lorsqu’elles proposent un produit unique : les voitures électriques de Tesla en sont le parfait exemple.

La Chine s’est engagée à prendre des mesures pour limiter sa pollution, et lorsqu’il a été annoncé que les voitures électriques étaient moins polluantes que celles fonctionnant au Diesel ou à l’essence, elle est devenue cliente importante de la marque d’Elon Musk aujourd’hui milliardaire.

Et ce choix s’est montré dans les actes du Gouvernement chinois qui a aidé Tesla à obtenir des prêts à hauteur de 1,6 milliards de dollars américains nécessaires pour la construction de la nouvelle usine de la marque dans la ville d’affaires chinoise : Shanghai.

De plus, les autorités de Shanghai auraient largement aidé Tesla à reprendre ses activités malgré les restrictions liées à l’épidémie du virus Covid-19. En plus de restrictions assouplies, Tesla a bénéficié de libertés dont elle n’aurait normalement pas dû.

En temps normal, lorsqu’une entreprise étrangère décide de s’installer en Chine, et de collaborer avec le pays, il lui faut créer une entreprise avec un partenaire local chinois.

Cette condition a été suspendue pour Tesla qui a pu gérer le total de ses activités en Chine seule. Elon Musk avait déclaré qu’il était fan de la Chine.

Une méfiance des chinois a vu le jour

Les régulateurs chinois ont, par cette situation de non-contrôle, commencé à se méfier de Tesla.

Le risque ? Que les voitures Tesla puissent être utilisées pour espionner la Chine.

Même si Tesla dispose déjà de concurrents en Chine, ces derniers tentent au mieux de reprendre le monopole du marché. Tesla leur a servi vu que la marque a apporté une nouveauté, utile, qui n’était pas disponible avant. Désormais la Chine, appelée aussi « l’usine du monde », veut devenir leader mondial dans le secteur.

Et ces concurrents sont doués. On peut penser à l’entreprise SAIC Motor qui a à ce jour déjà trouvé le succès avec son véhicule économique Hong Guang Mini EV, qui d’après la BBC News « dépasse […] les voitures les plus haut de gamme de Tesla ».

La Chine voyait Musk comme l’entrepreneur modèle, mais sur un marché capricieux et en constante évolution comme celui de la Chine… il est difficile de savoir de quoi demain sera fait. Il faut savoir s’adapter en Chine, toujours.

Les risques demeurent présents.

Musk a essayé de rassurer le géant asiatique à plusieurs reprises sur ses intentions. Il a annoncé : « je suis très confiant dans le fait que l’avenir de la Chine va être formidable et que la Chine se dirige vers la plus grande économie du monde avec beaucoup de prospérité à l’avenir ».

Il était clair :  « Si Tesla utilisait des voitures pour espionner en Chine ou ailleurs, nous serions fermés ».

Chose qui n’est pas le cas aujourd’hui vu que Tesla est même en train de travailler sur son tout nouveau modèle : la Tesla Model Y authentique qui devrait être disponible dès 2022.

Cette méfiance perdure et elle n’est pas anodine. La Chine et les Etats-Unis concourent tous deux pour le rôle de première superpuissance mondiale. Une rivalité existe et perdurera toujours entre les deux nations.

Les entreprises américaines aux activités importantes en Chine sont ainsi de plus en plus menacées. A côté de ça, le Ministère du Commerce chinois a dernièrement annoncé de nouvelles mesures en faveur de la protection des entreprises étrangères : une meilleure gestion des plaintes, une plus grande protection des droits de propriété intellectuelle, etc.

Mais hélas, cela n’empêche pas les entreprises d’être confrontées aux boycotts de la population et aux règlementations exigeantes.

Et lorsque la presse et les journaux locaux chinois s’en mêle et changent leur propos vis-à-vis d’une entreprise, c’est que la population chinoise commence à lui tourner le dos.

Xinhua, la plus ancienne et grande agence de presse nationale chinoise, a blâmé quelques mois plus tôt la société de Musk -Tesla-. Un avocat de Tesla aurait envoyé un rappel aux régulateurs chinois. L’affaire aura été jugée comme un « abus du conducteur ».

Et ce n’est pas la seule mauvaise note à s’ébruiter en Chine. Un employé de Tesla a eu un accident de charge endommageant sa propre voiture. Il aurait clamé que le réseau électrique en était la cause. Et en Chine, les bruits courent vite.

TESLA doit s’adapter

Même si elle a bénéficié de libertés et de conditions d’exploitation avantageuses, Tesla se doit de faire attention à son image en Chine et notamment à sa réputation.

Il est encore difficile de projeter ce à quoi Tesla aura à faire dans le futur, une chose est sûre elle risque de perdre une importante part de marché de façon définitive si elle ne cherche pas à améliorer sa notoriété.

Et c’est ce qui est important avec le business chinois…

Harold Parisot, Président du Chinese Business Club et spécialiste des affaires franco-chinoises à lui-même annoncé : « C’est aux marques françaises de s’adapter aux consommateurs chinois, et non l’inverse ».