lundi, février 5

Tokyo préoccupé par la modernisation d’une base cambodgienne financée par Pékin

 »Nous nous devons de protéger notre nation, notre territoire et notre souveraineté », a déclaré le ministre cambodgien de la Défense à son homologue japonais, Nobuo Kishi, actuellement en visite à Phnom Penh.

Le Japon a fait part de ses préoccupations concernant la modernisation d’une base navale au Cambodge grâce à un financement de la Chine, rapportent les médias.

Le ministre japonais de la Défense Nobuo Kishi, en visite au Cambodge, a sollicité des explications de son homologue cambodgien, Tea Banh, sur les raisons de la modernisation de la base navale de Ream, a indiqué l’agence de presse japonaise Kyodo News.

Le ministre Tea Banh a répondu que la modernisation de la base, située dans le sud du pays, « permettra aux navires japonais ou provenant d’autres pays d’accoster facilement et de faire réparer les navires ».

« Le Cambodge est contraint de confier à des partenaires étrangers les navires nécessitant des réparations », a ajouté le ministre cambodgien.

La base navale de Ream est située dans le golfe de Thaïlande, non loin de la mer de Chine méridionale, et se trouve à l’origine de tensions géopolitiques.

« Nous nous devons de moderniser notre base pour protéger notre nation, notre territoire et notre souveraineté », a déclaré le ministre Tea Banh. Le ministre japonais de la Défense Nobuo Kishi lui a répondu que « le Japon ne tolérera aucune tentative unilatérale de modifier le statu quo par la force » dans la région.

PEKIN ET PHNOM PENH ONT REJETÉ CES ALLÉGATIONS

Le Cambodge et la Chine ont démenti le 7 juin des informations de presse selon lesquelles ils construisent une base navale secrète pour la marine chinoise.

Lire aussi : Le Cambodge et la Chine nient construire une base navale secrète

Selon le quotidien américain Washington Post, une nouvelle installation est en cours de construction sur la base cambodgienne de Ream, et doit être «exclusivement» utilisée par la marine chinoise.

Cette base est un sujet de contentieux entre le Cambodge et les États-Unis depuis des années. Washington laisse entendre depuis des années que le lieu est transformé pour servir à la Chine, qui cherche à étendre son influence internationale via un réseau de bases militaires.

Le vice-premier ministre cambodgien Prak Sokhon a rejeté les «accusations infondées» du Washington Post lors d’un entretien téléphonique avec la ministre australienne des Affaires étrangères Penny Wong, selon un communiqué du gouvernement cambodgien.

«Le Cambodge n’autorisera pas l’armée chinoise à utiliser le site de façon exclusive ou à le transformer en une de ses bases militaires», avait déclaré à l’AFP le porte-parole du gouvernement cambodgien, Phay Siphan.

Le ministre cambodgien de la Défense et l’ambassadeur de Chine dans le pays ont assisté le 1er juin à une cérémonie d’inauguration de nouvelles installations à Ream, dont une nouvelle jetée et un atelier de réparation des bateaux.

En visite en Indonésie, le nouveau premier ministre australien Anthony Albanese avait qualifié les informations du Washington Post d’«inquiétantes».

«Nous encourageons Pékin à être transparent dans ses intentions et s’assurer que ses activités contribuent à la sécurité et la stabilité régionales», a-t-il déclaré à la presse, ajoutant que le Cambodge avait assuré à l’Australie qu’il ne donnerait jamais un accès exclusif à Ream à une armée étrangère.

Le premier ministre cambodgien Hun Sen a répété plusieurs fois que les travaux à Ream n’étaient qu’une modernisation du site, ainsi que l’installation d’un nouvel atelier pour bateaux développé avec l’aide de la Chine.

«Le Cambodge n’a pas besoin de la présence d’une armée étrangère sur son territoire», avait-il déclaré en mai. Un avis partagé par Pékin qui atteste que « la transformation de la base navale de Ream ne vise qu’à renforcer les capacités des forces maritimes cambodgiennes », a réagit le porte-parole du ministère des Affaires étrangères chinois, Zhao Lijian.

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