Le président russe Vladimir Poutine a officiellement lancé le 21 décembre l’exploitation du champ gazier de Kovykta, vaste gisement situé en Sibérie, qui doit permettre d’augmenter les exportations vers la Chine en pleine crise entre Moscou et les Occidentaux.

« Nous lançons le champ de Kovykta, le plus grand de Sibérie orientale (…) Commencez le travail », a déclaré Vladimir Poutine lors d’une cérémonie retransmise par visioconférence en direct à la télévision.

L’exploitation de ce gisement va amorcer « une vraie dynamique de développement » et signale qu’un « complexe industriel puissant et stratégique est en train d’être créé dans l’est de la Russie », a-t-il ajouté.

En outre, la mise en opération de ce site va permettre d‘ »assurer la livraison fiable de gaz (…) à la fois aux entreprises russes et à nos partenaires étrangers », a indiqué le président russe.

Ce champ gazier présente « de nouvelles opportunités pour le développement économique et social, ainsi que de nouvelles opportunités pour nos exportations en hausse », a expliqué le directeur du géant russe Gazprom, Alexeï Miller.

Le champ de Kovykta, situé près du lac Baïkal en Sibérie, doit alimenter le gazoduc Force de Sibérie 1, qui relie depuis fin 2019 le champ de Tchaïandina (Yakoutie) au nord-est de la Chine.

Depuis plusieurs années, la Russie augmente ses livraisons de gaz à la Chine, afin d’alimenter son économie, grosse consommatrice d’énergie. Moscou a d’ailleurs accéléré sa production ces derniers mois.

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En effet, depuis le lancement de son offensive militaire contre l’Ukraine, Moscou fait face à des sanctions économiques occidentales et a fortement réduit ses livraisons d’hydrocarbures vers l’Europe, se tournant vers l’Asie pour compenser.

Les autorités russes veulent augmenter leurs livraisons pour atteindre 20 milliards de mètres cubes de gaz chaque année, notamment en puisant dans les réserves du champ de Kovykta.

De plus, Moscou prévoit également la construction dès 2024 du gazoduc Force de Sibérie 2 pour alimenter la Chine via la Mongolie, preuve que la stratégie énergétique russe a bel et bien pris un tournant vers l’Est.