La députée du Kuomintang (KMT), Wan Mei-ling, a déclaré que de nombreux cas de harcèlement se produisant sur le lieu de travail impliquent des personnes abusant de leur autorité pour harceler sexuellement leurs collègues.

Cette dernière réclame des amendes plus importantes pour punir le harcèlement sexuel, affirmant que les amendes actuelles n’ont pas réussi à dissuader un nombre croissant de cas.

Au cours des onze dernières années, le nombre de cas signalés de harcèlement sexuel a quintuplé, mais les contrevenants n’ont été condamnés qu’à une amende d’environ 20 000 NT $ (612€) en moyenne par infraction, ce qui montre que les amendes n’ont pas empêché un tel comportement, a indiqué Wan Mei-ling le 3 avril devant les députés du Yuan législatif, à Taipei.

Les lois devraient être modifiées pour faire passer les amendes de la fourchette actuelle de 10 000 NT $ à 100 000 NT $ (306€ à 3060€) par infraction à 30 000 NT $ à 300 000 NT $ (918€ à 9180€), a-t-elle déclaré.

Citant des données du ministère de la Santé et du Bien-être social, Wan Mei-ling a déclaré que le nombre de cas signalés est passé de 154 en 2007 à 546 en 2018. Sur les 546 cas en 2018, 287 se sont produits sur le lieu de travail, où des délinquants ont abusé de leur autorité ou ont profité de l’environnement de travail pour harceler leurs collègues, a déclaré la députée.

Cette dernière a ajouté que les délinquants dans ces cas étaient condamnés à une amende moyenne de seulement 20 350 dollars NT (623€).

Wan Mei-ling et d’autres partisans de l’augmentation des amendes ont soumis des projets d’amendements au chapitre 5 de la loi sur la prévention du harcèlement sexuel, qui prévoit des sanctions pour les infractions.

Un amendement demande une augmentation de 50% des peines d’emprisonnement pour ceux qui harcèlent des personnes sur le lieu de travail ou profitent de l’incapacité d’une autre personne à résister aux avances pour les harceler.

« Dans la plupart des cas de harcèlement sexuel, la victime et le délinquant se connaissent depuis le lieu de travail, l’environnement de formation, le cadre éducatif ou la rencontre dans laquelle l’un d’eux cherche un emploi » a déclaré Wan Mei-ling.

En raison du déséquilibre des pouvoirs entre les deux parties, la victime n’est pas en position de pouvoir dénoncer le harcèlement, a assuré cette dernière. La députée a prit l’exemple de l’armée, où la plupart des cas de harcèlement sexuel ne sont pas signalés. De plus, les services législatifs avaient publié un certain nombre de corrections à destination du ministère de la Défense nationale à ce sujet.

Les personnes en position d’autorité sur le lieu de travail, au sein des ressources humaines et dans le secteur éducatif qui sont conscients du harcèlement sexuel et ne prennent pas de mesures correctives devraient également encourir des amendes accrues de 20 000 NT $ à 200 000 NT $ (612€ à 6120€), a-t-elle déclaré.

Les sociétés de médias qui publient les noms, titres de travail ou autres informations personnelles des victimes dans les affaires de harcèlement sexuel devraient être condamnées à une amende de 60 000 à 300 000 NT $ (1836€ à 9180€), a-t-elle ajouté.