Les présidents russe Vladimir Poutine et chinois Xi Jinping s’entretiendront le 30 décembre par visioconférence, a annoncé le Kremlin, dans un contexte de rapprochement entre Moscou et Pékin.

« L’échange de points de vue sur les problèmes régionaux les plus aigus sera très important, certains (problèmes) nous sont plus proches, la Russie, et d’autres sont plus proches de la Chine », a indiqué le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov.

« Nos dirigeants aborderont ces problèmes dans l’esprit de notre véritable partenariat stratégique », a souligné ce dernier lors d’un point presse, précisant que l’entretien aura lieu « en première partie de journée » à l’heure de Moscou (GMT+3).

Selon Dmitri Peskov, l’échange concernera aussi « les relations bilatérales » et « la forte hausse du volume des échanges » entre les économies des deux pays. Le commerce bilatéral entre la Chine et la Russie a atteint un niveau record de 172 milliards de dollars, soit une hausse de 32% en un an, selon les données de la douane chinoise.

Ces derniers mois, la Russie cherche à renforcer ses liens avec l’Asie, en particulier avec la Chine, face aux sanctions occidentales prises à son encontre après son offensive contre l’Ukraine.

La Chine et la Russie se présentent comme un contre-poids géopolitique face aux Etats-Unis et leurs alliés, et ont mené plusieurs exercices militaires conjoints ces derniers mois, notamment des manoeuvres navales cette semaine en mer de Chine orientale, comme chaque année.

La Russie s’efforce aussi d’augmenter ses livraisons de gaz à l’économie chinoise, grosse consommatrice d’énergie. La Chine a d’ailleurs augmenté ses importations de pétrole de 60% en 2022, faisant de la Russie son deuxième fournisseur. Les minerais, les produits agricoles, et le gaz ont augmenté les flux.

En effet, depuis le lancement de son opération militaire contre l’Ukraine, Moscou est visé par des sanctions économiques occidentales et a fortement réduit ses livraisons d’hydrocarbures vers l’Europe, se tournant vers l’Asie pour compenser.

D’ailleurs, Vladimir Poutine a officiellement lancé l’exploitation d’un vaste gisement situé en Sibérie qui doit permettre d’augmenter les exportations vers la Chine.

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La Russie prévoit également la construction dès 2024 du gazoduc Force de Sibérie 2 pour alimenter Pékin via la Mongolie, autre signe que la stratégie énergétique russe a bel et bien pris un tournant vers l’Est.