La Chine a accusé ce 4 mai les États-Unis de réprimer ses sociétés, après la décision la veille de l’administration Biden d’allonger la liste noire des entreprises chinoises interdisant aux américains d’y investir.

«La Chine prendra des mesures nécessaires pour résolument protéger les droits et intérêts légitimes des entreprises chinoises», a averti devant la presse le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Wang Wenbin.

Wang Wenbin, porte parole de la diplomatie chinoise

Joe Biden poursuit ainsi la politique de l’ancien président Donald Trump en allongeant, de 31 à 59, la liste noire d’entreprises chinoises accusées de soutenir les activités militaires de la Chine.

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Ces entreprises chinoises ne peuvent désormais plus bénéficier d’investissements américains. Le président Joe Biden a amendé le décret de son prédécesseur, publié en novembre dernier, pour y inclure les entreprises chinoises impliquées dans la fabrication et le déploiement de la technologie de surveillance, susceptible d’être utilisée non seulement en Chine contre la minorité musulmane des Ouïghours et les dissidents, mais aussi dans le monde entier.

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Interrogé sur ces mesures, le porte-parole de la diplomatie chinoise, Wang Wenbin, a estimé qu’elles «violent les lois du marché» et «causent du tort non seulement aux droits et intérêts légitimes des entreprises chinoises, mais aussi aux intérêts des investisseurs du monde entier, y compris les investisseurs américains».

Washington a précisé que sa liste noire visait également les entreprises chinoises utilisant «des technologies de surveillance chinoise hors de Chine, ainsi que leur développement ou leur utilisation pour faciliter la répression ou les violations graves des droits de l’Homme».

Cette liste inclut de grands groupes de la construction, des télécoms ou des technologies, comme le fabricant de téléphones Huawei, le géant pétrolier CNOOC, China Railway Construction, China Mobile, China Telecom ou encore la société de vidéosurveillance Hikvision.

Les Américains – individus et entreprises – détenant des participations et autres intérêts financiers dans ces sociétés ont jusqu’au 2 août pour les céder.

Wang Wenbin a incité l’administration américaine à retirer ce décret et à fournir aux entreprises chinoises un environnement commercial et d’investissement équitable, juste, et non discriminatoire.

En dépit de cette annonce, la Chine et les Etats-Unis ont lancé «des communications normales dans les domaines de l’économie et du commerce, s’accordant à déployer des efforts communs pour résoudre certains problèmes spécifiques de manière pratique», a indiqué le ministère chinois du Commerce, lors d’un point presse le même jour que l’annonce de l’extension de la liste noire contre les entreprises chinoises.

Commentant les récentes conversations vidéo entre des responsables chinois et américains, Gao Feng, porte-parole du ministère, a révélé que «les communications entre les deux parties avaient connu un bon début».

En effet, le vice-Premier ministre chinois Liu He, membre du Bureau politique du Comité central du PCC, et chef de la partie chinoise pour le dialogue économique global sino-américain, a tenu des conversations vidéo avec la représentante américaine au Commerce, Katherine Tai, le 27 mai et avec la secrétaire au Trésor, Janet Yellen, le 2 juin.