La liste noire des entreprises chinoises mise en place par l’ancien président Donald Trump a été amendée et augmentée par l’administration Biden.

En effet, la liste mentionnait 31 entreprises chinoises accusées de soutenir des activités militaires de la Chine,  elle en compte désormais 59, dont de grands noms, comme le fabricant de téléphones Huawei ou le géant pétrolier CNOOC.

La politique de Joe Biden s’inscrit, depuis son arrivée à la Maison Blanche, dans la continuité de celle de Donald Trump, qui avait lancé une véritable offensive contre la Chine. Le nouveau locataire de la Maison Blanche a tenu conserver les droits de douanes et les propos acerbes contre la Chine.

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Le président américain Joe Biden a ainsi emboîté le pas à son prédécesseur en allongeant, le 3 juin, la liste noire d’entreprises chinoises accusées de soutenir les activités militaires de la Chine. Ces entreprises chinoises ne peuvent désormais plus bénéficier d’investissements américains.

Joe Biden a amendé le décret de Donald Trump, publié en novembre 2020, afin d’inclure les entreprises chinoises impliquées dans la fabrication et le déploiement de la technologie de surveillance. Pour Washington, ces entreprises chinoises sont susceptibles d’être utilisée non seulement en Chine, contre la minorité musulmane des Ouïgours et les dissidents, mais aussi dans le monde entier.

«Ce décret autorise les Etats-Unis à interdire – de manière ciblée et circonscrite – les investissements américains dans des entreprises chinoises qui portent atteinte à la sécurité ou aux valeurs démocratiques des Etats-Unis et de nos alliés», a déclaré la Maison Blanche dans un communiqué.

Washington a souligné que cette liste vise également les entreprises chinoises utilisant «des technologies de surveillance chinoise hors de Chine, ainsi que leur développement ou leur utilisation pour faciliter la répression ou les violations graves des droits humains», toujours en référence aux Ouïgours notamment.

La liste noire mise en place par Donald Trump le 12 novembre comptait initialement 31 entreprises chinoises, accusées d’approvisionner ou de soutenir les programmes militaires et de sécurité de la Chine. Elle comporte désormais 59 entreprises chinoises.

Les Américains – individus et entreprises – détenant des participations et autres intérêts financiers dans ces entreprises chinoises ont jusqu’au 2 août pour les céder.

Cette liste noire inclut de grandes entreprises chinoises de la construction, des télécoms ou des technologies, comme le fabricant de téléphones Huawei, le géant pétrolier CNOOC, China Railway Construction, China Mobile, China Telecom, ou encore la société de vidéosurveillance Hikvision.

L’administration Biden veut ainsi «consolider et renforcer» le décret signé par Donald Trump «pour interdire les investissements américains dans le complexe militaro-industriel de la République populaire de Chine».

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Les américaines souhaitent aussi «veiller à ce que les investissements américains ne soutiennent pas les entreprises chinoises qui portent atteinte à la sécurité ou aux valeurs des Etats-Unis et de nos alliés», a précisé la Maison Blanche.

Interrogée sur le sujet le 3 juin, avant la publication du décret, la Chine avait dénoncé l’interdiction « politique » décidée par les Etats-Unis sous l’ère Donald Trump, qui «ne tient absolument pas compte» de la réalité des entreprises concernées.

Wang Wenbin, un porte-parole du ministère chinois des affaires étrangères, a réagit à cette annonce, soulignant que «les Etats-Unis devraient respecter la primauté du droit» et «cesser de prendre des mesures néfastes pour le marché financier mondial».

Ce dernier a indiqué que «la Chine prendra les mesures nécessaires pour protéger avec vigueur les droits et intérêts légitimes des entreprises chinoises».