Le secrétaire américain de la Justice, Merrick Garland, a accusé la Chine de chercher à «saper le système judiciaire» des États-Unis. Pékin assure ne pas connaître les détails de l’affaire.

Washington a annoncé des inculpations contre 13 ressortissants chinois qui travailleraient pour les renseignements de Pékin. La justice américaine a détaillé trois affaires distinctes:

  • l’une concerne le harcèlement réalisé par des agents présumés du renseignement chinois aurpès d’un de leurs compatriotes aux États-Unis
  • l’autre, la tentative d’interférer dans les poursuites intentées à une grande entreprise de télécommunications chinoise (il s’agirait du géant Huawei)
  • la dernière, les pressions faites sur des chercheurs américains afin de les pousser à travailler pour la Chine.

Ces affaires montrent que « l’État chinois a cherché à interférer avec les droits et les libertés de personnes aux États-Unis et à saper notre système judiciaire qui protège ces droits », a assuré Merrick Garland lors d’une conférence de presse.

« Le département de la Justice ne tolérera aucune tentative de la part d’une puissance étrangère de saper l’état de droit sur lequel notre démocratie est fondée », a-t-il ajouté. Ces annonces interviennent au lendemain de la réélection du président chinois Xi Jinping à la tête du Parti Communiste Chinois et de la Chine, lors du XXème Congrès national du PCC.

L’affaire impliquant sept Chinois accusés d’avoir tenté d’obliger un de leurs compatriotes, résidant aux États-Unis, à retourner en Chine. Ils auraient surveillé et harcelé ce ressortissant chinois, présenté par la justice américaine sous l’identité fictive de John Doe-1 pour protéger son anonymat, et sa famille.

Cette manoeuvre entre dans le cadre de l’opération « Chasse au renard« , qui implique des « brigades de rapatriement » clandestines cherchant à forcer des expatriés à rentrer en Chine. La Chine présente cette opération comme une stratégie de lutte contre la corruption, assurant que ses services respectent les lois internationales lors de leurs déplacements à l’étranger.

Dans une deuxième affaire, deux agents présumés des renseignements chinois ont été inculpés pour avoir tenté d’entraver des poursuites intentées aux États-Unis à une entreprise de télécoms chinoise, probablement Huawei.

Ces deux personnes auraient élaboré un plan pour « voler des documents et autres informations » au parquet, y compris en payant « un pot-de-vin de 41 000 dollars en bitcoin à un employé du gouvernement américain ». Les agents présumés pensaient avoir recruté ce dernier au profit de la Chine, mais il s’agissait en fait d’un agent double travaillant pour le FBI, selon les autorités américaines.

Et dans la troisième affaire, quatre ressortissants chinois ont été inculpés « en lien avec une campagne de longue date des renseignements ciblant des personnes aux États-Unis pour qu’elles agissent en tant qu’agents de la République populaire de Chine ».

De 2008 à 2018, ces quatre personnes auraient notamment approché des professeurs d’université et un ancien agent fédéral, selon les autorités américaines.

Interrogé pendant la conférence de presse de lundi sur le moment choisi pour faire ces annonces, au lendemain d’un troisième sacre historique pour Xi Jinping, le directeur du FBI, Christopher Wray a affirmé que les affaires étaient présentées « quand elles [étaient] prêtes ».

« Si le gouvernement chinois, le Parti communiste chinois continuent de violer nos lois, ils vont continuer à tomber sur le FBI », a-t-il dit. De son côté, le porte-parole de la diplomatie chinoise, Wang Wenbin, a dit ne pas connaître des détails de cette affaire.

Il a cependant indiqué que la Chine « a toujours demandé aux citoyens chinois à l’étranger de se conformer aux lois et règlements des pays d’accueil. Certains responsables américains de l’application de la loi, s’obstinant dans une mentalité de guerre froide à somme nulle et un parti pris idéologique ont à plusieurs reprises porté des accusations infondées contre la Chine sous de faux prétextes« .

Selon lui, les américains « ont cherché à supprimer des entreprises chinoises, à donner ouvertement refuge à des fugitifs chinois, et à entraver et saper les efforts de la Chine pour rapatrier les fugitifs et récupérer les biens illicites. De telles actions transforment les États-Unis en un refuge pour les individus corrompus et les contrevenants à la loi. Ce que les États-Unis ont fait va à l’encontre de la justice et de l’État de droit, sape les fondements de la coopération entre la Chine et les États-Unis en matière d’application de la loi et nuit à l’image des États-Unis eux-mêmes ».

Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères a indiqué que la Chine demande « instamment à ces responsables américains de réparer les erreurs commises et de mettre fin aux attaques contre la Chine. La Chine continuera à défendre les droits et intérêts légitimes des citoyens chinois ».