Les Etats-Unis ont appelé à la tenue d’une réunion du Conseil de sécurité, afin de demander à la Chine, principal allié de la Corée du Nord, d’aider à freiner Pyongyang après le tir d’un missile balistique de portée intercontinentale, a affirmé un responsable américain vendredi.

« Il est certain que notre diplomatie va s’efforcer d’amener la Chine à rejoindre les pays qui condamnent cela publiquement aujourd’hui et à user de son influence pour persuader » la Corée du Nord, a déclaré un haut responsable accompagnant la vice-présidente américaine Kamala Harris en Asie.

Les Etats-Unis veulent que la Chine « use de son influence pour convaincre la RPDC », a-t-il dit, en utilisant l’acronyme du nom officiel de la Corée du Nord. Le responsable américain, qui s’exprimait auprès de Reuters sous couvert d’anonymat, a confirmé la version du Japon selon laquelle le missile était de longue portée.

« L’action d’aujourd’hui était une nouvelle escalade », car ce missile nord-coréen a « la capacité d’atteindre les Etats-Unis et de nombreux autres pays à travers le monde », a souligné ce responsable.

Kamala Harris, qui assistait à un sommet du Forum de coopération économique Asie-Pacifique (APEC) à Bangkok, a pris part à une session le 18 novembre avec le président chinois Xi Jinping mais ne l’a pas rencontré en tête-à-tête, a ajouté la même source.

Le président chinois s’est entretenu le 14 novembre pendant trois heures en marge d’un sommet du G20 à Bali avec le président américain Joe Biden, qui s’est dit convaincu que Pékin ne souhaitait pas voir une nouvelle escalade venant de Pyongyang.

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Kamala Harris s’est pour sa part entretenue à Bangkok du lancement du missile nord-coréen avec les Premiers ministres du Japon, de la Corée du Sud, de l’Australie, du Canada et de la Nouvelle-Zélande.

A la suite de cette alliance, le ministre des Affaires étrangères de la Corée du Nord a averti le 17 novembre les États-Unis, dans une déclaration, d’une contre-attaque militaire plus féroce en réponse au renforcement par les États-Unis de la dissuasion étendue à l’égard de leurs alliés dans la région. Suite à cette déclaration, la Corée du Nord a lancé un missile balistique vers ses eaux orientales.

Pour la porte-parole de la diplomatique chinoise, Mao Ning, a dit espérer que « toutes les parties feront face à l’essentiel des problèmes de la péninsule coréenne et répondront aux préoccupations des uns et des autres de manière équilibrée, notamment aux préoccupations légitimes de la Corée du Nord ». 

Cette dernière a indiqué lors d’un point de presse que « la Chine espère que toutes les parties à la question de la péninsule coréenne resteront engagées dans la recherche d’un règlement politique, et répondront aux préoccupations des uns et des autres de manière équilibrée par un dialogue constructif ». 

« La Chine suit l’évolution de la situation dans la péninsule », a indiqué Mme Mao, ajoutant que « le maintien de la paix et de la stabilité dans la péninsule tout en empêchant la détérioration et l’escalade de la situation était dans l’intérêt commun de la communauté internationale ».

De son côté, la source de Reuters a déclaré que Kamala Harris avait appelé à une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU sur la Corée du Nord. « Les Etats-Unis pensent que le Conseil de sécurité devrait se réunir et discuter de cette question », a souligné la même source.