Les autorités chinoises ont mis en garde le 14 février, contre « tout signal d’unilatéralisme ou de protectionnisme » de la part de Washington, après les dernières déclarations du président américain Donald Trump.

Ce dernier a dénoncé des échanges commerciaux inéquitables pour justifier de potentielles nouvelles sanctions contre Pékin. Le président américains a assuré que les industries américaines du secteur de l’acier et de l’aluminium « ont été décimées » par les importations de produits chinois à prix cassés.

Donald Trump a évoqué la possibilité d’imposer des taxes douanières voire des quotas d’importation, lorsque son ministre du commerce Wilbur Ross lui a remis en janvier ses rapports sur des subventions présumées aux importations d’acier et d’aluminium chinois.

Côté chinois, Geng Shuang, porte-parole du ministère des affaires étrangères, a estimé que « la Chine et les Etats-Unis sont les deux premières économies du globe, avec des échanges importants et des intérêts étroitement mêlés. Il est naturel d’observer des frictions commerciales et économiques« .

Mais pour lui « l’essentiel est de traiter ces problèmes de façon raisonnable et objective, sur la base du respect mutuel et en égaux, via des canaux appropriés comme la négociation », et non par l’imposition de sanctions unilatérales.

« Tout signal d’unilatéralisme et de protectionnisme aggravera les différends commerciaux et pénalisera la reprise économique mondiale », a-t-il cependant prévenu. D’autant que Washington n’est pas en bonne position pour menacer la Chine, dont le déficit 2017 a atteint 566 milliards de dollars (456 milliards d’euros), soit +12,1% par rapport à 2016, ce qui représente le plus haut niveau depuis 2008.

De plus, pour les seuls biens, le déficit commercial avec la Chine – 2nd partenaire commercial des Etats-Unis après l’Union européenne – a atteint l’an passé un niveau record de 375,2 milliards de dollars (307,7 milliards d’euros).

Les Etats-Unis ont d’ailleurs imposé des sanctions douanières en janvier 2018 sur les panneaux solaires chinois. Face à cela, la Chine s’était dite « très préoccupée » par « l’inflation grandissante des enquêtes américaines », appelant Washington à « ne pas abuser trop fréquemment de ces procédures », lesquelles « ne doivent pas être utilisées à des fins protectionnistes ».

Les déclarations de Donald Trump, le 13 février, s’ajoutent à celles prononcées vis-à-vis du déséquilibre des échanges sino-américains et dénonçant la politique jugée protectionniste de Beijing.

Ces tensions ravivent les menaces de représailles de la part de la Chine, qui souhaite une enquête antidumping sur le sorgho américain, dont elle a importé l’an dernier pour 1 milliard de dollars, et n’exclut pas de cibler les colossales exportations de soja des Etats-Unis.