Qi Qianjin, ambassadeur de Chine en Syrie, a annoncé que son pays « souhaite jouer un rôle plus important dans le processus de reconstruction et de développement de la Syrie, en renforçant notamment son aide à ce pays ravagé par la guerre ».  

« Je pense qu’il est temps de concentrer nos efforts sur le développement et la reconstruction de la Syrie, et je pense que la Chine jouera un rôle accru dans ce processus, en apportant davantage d’aide au peuple et au gouvernement syriens« , a déclaré l’ambassadeur lors d’une visite de l’Hôpital universitaire al-Muwasat de Damas.

« La Chine jouera un rôle accru dans ce processus »

L’envoi de dons au secteur de la santé fait partie de cette politique. D’ailleurs, Beijing a effectué plusieurs donations dont la dernière a permis la rénovation du département des urgences de l’hôpital al-Muwasat.

En janvier 2017, le gouvernement chinois avait déjà donné 1 million de dollars (820 000 €) à l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) afin de soutenir un projet humanitaire visant à répondre aux besoins sanitaires des Syriens, allant des soins médicaux aux réfugiés syriens à l’amélioration des soins de base et de l’accès aux services de santé en Syrie.

« Nous espérons que nos donations à cet hôpital et à d’autres organisations permettront d’offrir les meilleurs services possibles aux Syriens, et notamment aux malades. Ces donations sont en outre une preuve très claire de la profonde amitié qui unit les gouvernements et les peuples de Chine et de Syrie« , a-t-il ajouté.

De son côté, Esam Ameen, directeur de l’Hôpital universitaire al-Muwasat, a expliqué à l’agence de presse, Xinhua que « le soutien de la Chine n’est pas seulement politique, mais aussi pratique. La Chine nous a beaucoup aidé, en contribuant notamment à la rénovation du département des urgences, qui offre des services vitaux au peuple syrien ».

Ces donations s’ajoute à la participation de la Chine à tous les mécanismes internationaux de recherche d’un règlement négocié du conflit syrien. D’après le directeur du Centre d’étude de la politique extérieure à l’Institut des problèmes internationaux de Shanghai, Li Weijian, la Chine participe directement aux négociations internationales, signe de « la ferme intention de Pékin de contribuer à une résolution politique du problème syrien ».

Une présence militaire qui se confirme

La Chine a fait part à publieurs reprises de sa volonté de participer à la reconstruction de la Syrie. Récemment, plusieurs sites d’informations arabes et américains ont révélé que les autorités chinoises comptaient envoyer des soldats en Syrie.

Il est prévu l’envoie des  unités des forces spéciales, d’une part l’Unité des forces spéciales de la Région militaire de Shenyang, connue sous le nom de « Tigres de Sibérie », et d’autre part l’Unité des forces spéciales de la région militaire de Lanzhou, connue sous le nom de « Tigres de la nuit ». Ces unités doivent avoir pour mission dans un premier temps de conseil, d’entraînement et de reconnaissance.

Selon  le site arabe, New Khaleej, un contingent de 5000 soldats chinoise de ces deux troupes d’élites s’apprête à partir pour la Syrie, afin de lutter contre des chinois d’origine Ouighours du Parti islamique du Turkestan, affilié à l’EI, qui combattent en Syrie.

D’après Federico Pieraccini, expert indépendant des relations internationales, l’objectif militaire chinois « concerne l’acquisition d’une expérience dans la guerre urbaine, en plus de la chasse aux djihadistes, et plus généralement, tester l’état de préparation militaire dans des conditions de guerre dont l’expérience manque à Beijing ».

Plus généralement, la Chine tient à protéger sa nouvelle route de la soie,  dont les intérêts commerciaux, économiques et financiers pourraient changer la donne pour Beijing sur le plan international. La paix reste la seule possibilité pour assurer le développement de ce gigantesque projet.