Le président Xi Jinping a entamé ce 25 mars sa visite officielle en France, où son homologue Emmanuel Macron a tenté de le persuader de jouer, selon les règles du multilatéralisme.

Son intervention intervient alors que les Européens sont divisés face à l’offensive diplomatico-commerciale de la Chine. Pour Emmanuel Macron, « cette visite va renforcer notre partenariat stratégique et affirmer le rôle de la France, de l’Europe et de la Chine en faveur d’un multilatéralisme fort« , a tweeté le 24 mars au soir le président français, après avoir reçu son homologue à Beaulieu-sur-Mer.

Cette visite sera aussi l’occasion de signer des contrats commerciaux ou autres accords de coopération. Mais la partie la plus importante de cette visite d’Etat aura lieu le 26 mars, lorsque les deux dirigeants seront rejoints au palais de l’Elysée par la chancelière allemande Angela Merkel et le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker.

En effet, dans un contexte internation tendu, entre la Chine et les Etats-Unis, l’Union européenne n’a pas de ligne politique claire face à Beijing et certains pays ont déjà commencé à céder aux propositions chinoises.

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Inquiétudes de certains européens

L’ouverture à la Chine, via les « nouvelles routes de la soie« , préoccupe certains leaders européens. Le commissaire européen allemand Gunther Oettinger dit voir « avec inquiétude qu’en Italie et dans d’autres pays européens, des infrastructures d’importance stratégique comme les réseaux d’électricité, les lignes ferroviaires à grande vitesse ou les ports ne sont plus dans des mains européennes mais chinoises« .

« L’Europe a un besoin urgent d’une stratégie pour la Chine, une stratégie digne de ce nom« , a-t-il ajouté. De son côté, Emmanuel Macron a appelé à une « une prise de conscience et la défense d’une souveraineté européenne » face à Beijing, qualifié par la Commission européenne de « rival systémique ».

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« Dans un monde avec des géants comme la Chine, la Russie ou nos partenaires comme les Etats-Unis, nous ne pouvons survivre que si nous sommes unis en tant qu’Union européenne« , a déclaré au journal dominical allemand Welt am Sonntag le ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas.

Ce dernier a indiqué que « si certains pays croient pouvoir faire de bonnes affaires avec les Chinois, ils seront surpris quand ils s’apercevront qu’ils sont devenus dépendants« .

C’est cette position européenne unifiée que va tenter de trouver le président français avec Angela Merkel et Jean-Claude Juncker, sans qu’il soit acquis qu’ils puissent convaincre les autres pays membres de les suivre.

Yannick Jadot fustige le projet chinois

Yannick Jadot, tête de liste EELV pour les élections européennes, a déclaré sur RMC que la Chine a « un projet politique, pas un projet économique, d’hégémonie sur toute l’Asie et de fracturation de l’Union européenne », à travers l’initiative « La Ceinture et la Route ».

Il a estimé que « la Chine ne parle jamais à l’Union européenne », mais « aux dirigeants européens » individuellement, « et elle achète systématiquement la complaisance des dirigeants européens par rapport à ce projet politique et elle construit la division de l’Europe ».

Il a pris l’exemple du dossier de l’industrie des panneaux photovoltaïques, critiquant le « dumping chinois » et la stratégie chinoise de s’adresser aux pays européens uns à uns « et à la fin les Européens étaient divisés et nous n’avons pas réagi ».

« Il faut afficher une Europe solide vis-à-vis de Xi car le projet chinois, comme le projet russe, c’est de casser l’Union européenne: ils ne veulent pas que nous soyons une force économique et politique », a persisté Yannick Jadot.

Face à la « concurrence déloyale » chinoise, il a par ailleurs plaidé pour que « les produits issus de pays qui ne respectent pas la liberté syndicale soient progressivement interdits » d’importation. « C’est la protection des salariés chez nous, et c’est la protection des salariés là-bas », a-t-il estimé.