La jeune femme a été placée à cinq jours de détention administrative pour «manque de respect» envers la «Marche des volontaires», un chant patriotique.

Coiffée d’un bonnet fantaisie orné de petits bois de cerfs et sourire aux lèvres, Yang Kaili a chanté la «Marche des volontaires» – «Debout peuple qui ne veut plus être esclave» – devant la caméra de son ordinateur, tout en imitant les gestes saccadés d’un chef d’orchestre. «Bonsoir, camarades», a  salué la jeune fille de 21 ans, dans sa vidéo diffusée sur la plateforme Huya, spécialisée dans les vidéos en direct.

Le compte de la jeune fille était suivi par des dizaines de millions d’abonnés sur des sites de ce genre. Elle était l’une des nombreuses célébrités diffusant des vidéos d’elles-mêmes sur la toile pour y raconter sa vie, chanter, danser ou se maquiller. La notoriété de Yang Kaili avait conduit la chaîne de télévision publique CCTV à l’inviter sur son plateau cet été.

Suite à son interprétation de l’hymne national, elle a dû adresser un message d’excuses à ses admirateurs, dans lequel elle a assuré que «l’hymne national est un chant solennel et je n’aurais pas dû le chanter» depuis ma chambre pour une vidéo en direct.

«Je vais arrêter mes activités de vidéo en direct, me rectifier, tirer les amères leçons de cette affaire, réfléchir sur moi-même et accepter pleinement d’être rééduquée en matière d’idéologie politique et de patriotisme», a-t-elle poursuivi.

La condamnation de la jeune femme entre dans le cadre d’une nouvelle loi votée par le Parlement l’an dernier. Ainsi, est punie jusqu’à trois ans de prison, une personne qui modifie les paroles de l’hymne national ou l’interprète de façon «irrespectueuse» en public.

Jiang Yilei, le phénomène internet de 2016