Dans son dernier rapport sur les Perspectives asiatiques de développement 2017, la Banque Asiatique de Développement a estimé que la croissance du pays devrait progresser à 6,5% en 2017 et de 6,2% en 2018, contre 6,7% l’année dernière, grâce à la solidité de son économie.

Raison pour laquelle, l’institution préconise l’accélération des réformes afin de restructurer les entreprises d’état et consolider les finances publique. Ainsi, le pays devrait booster sa productivité et maintenir sa croissance, a souligné la Banque asiatique de développement (BAD).

Yasuyuki Sawada, économiste en chef de la BAD, a expliqué dans une note publié sur le site de la banque que « les efforts de la Chine pour transformer le pays en une économie plus axée sur les coûts ont bien avancés ».

La croissance fulgurante de ces dernières années, les fortes dépenses de consommation, le soutien fiscal aux infrastructures et les réformes structurelles visant à améliorer la productivité dans l’industrie devraient maintenir « l’économie de la Chine sur un terrain solide ».

Globalement, l’économie a été soutenu en 2016 par l’augmentation de 7,8% des services, un boom immobilier, la part des services dans le PIB, atteignant 52%, et la stabilisation de la croissance industrielle à 6,1% en 2016, représentant 40% du PIB.

A cela s’ajoute une inflation des prix à la consommation inférieure à 3%, 1 point de plus que le plafond de 2% du gouvernement, et pour la première fois, le pays a attiré plus d’investisseurs étrangers et moins investit dans le monde.

Les flux d’investissements directs à l’étranger nets sont négatifs, alors que les investissements directs entrants ont triplé, passant de 65 milliards de dollars (61,1 mds €) en 2012 à 211 milliards de dollars (198,34 mds €) en 2016.

« La consommation restera en 2017 un grand moteur de la croissance, appuyé par l’appréciation des salaires et par des dépenses publiques accrues dans les systèmes de santé, d’éducation et de retraite« , a commenté la BAD dans son rapport annuel.

En pleine transition économique, Beijing tente de changer de modèle de développement passant d’un système basé sur les exportations et les industries lourdes surendettées, à un système privilégiant les services et la consommation intérieure. Une tâche difficile, mais pas impossible selon la BAD, qui écrit que l’axe basé sur le consommateur « continuera d’avoir une perspective positive ».

D’autant plus que l’inflation devrait accélérer à 2,4% en 2017 et 2,8% en 2018, en raison de la demande accrue des consommateurs, des salaires plus élevés, des prix plus élevés, un yuan plus faible et l’augmentation des prix mondiaux des produits de base.

A l’inverse, l’industrie « ralentira« , du fait de la réduction des investissements et d’essoufflement de l’immobilier, obligeant une vingtaine de grandes villes à durcir les restrictions à l’achat d’appartements, par crainte d’une bulle immobilière.

« Le sursaut dans la construction et l’industrie lourde ne durera pas : il ne cadre pas bien avec l’idée de rééquilibrage« , a estimé Juergen Conrad, analyste de la BAD. Mais cela pourrait être une bonne « marge de manœuvre » pour Beijing, afin de « s’attaquer aux problèmes financiers et accélérer les réformes structurelles« , en réduisant encore les surcapacités industrielles.

D’autant que l’endettement public et privé dépasse 260% du PIB, « couper le crédit aux entreprises inefficaces (…) demeure une priorité pour les régulateurs », préconise la BAD, d’autant que le « défi crucial est de faire en sorte que les investissements soient vraiment productifs », a admit Juergen Conrad .