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Jilin, aux portes de la Corée

Jilin, aux portes de la Corée

Province du nord-est, le Jilin (Jí en abrégé) a connu une histoire mouvementée, avec la domination des dynasties coréennes et chinoises, puis l’occupation japonaise durant la Seconde guerre mondiale.

Bordé à l’est par la Russie et principalement par la Corée du Nord, le Jilin possède de hautes chaînes de montagnes, dont le plus haut pic est celui de Baiyun à 2 691m. La province abrite également une plaine fertile faisant partie de la plaine de Mandchourie et un massif de petites collines.

La province administre la ville sous provinciale de Changchun, ainsi que 7 villes préfectures, Baicheng, Baishan, Jilin, Liaoyuan, Siping, Songyuan, Tonghua ainsi que la préfecture autonome de Yanbian.

Cette dernière est peuplée par la plus forte communauté coréenne du pays et sa position frontalière avec la Russie et la Corée du nord lui donne une valeur géostratégique importante.

  • Capitales : Jilin City (1949-1954) puis Changchun (1954-aujourd’hui)
  • Surface : 191,126 km²
  • Population : plus de 27 462 300 personnes
  • Ethnies : Han, Coréen, Mandchou, Mongoles, et Hui
  • Langues et dialectes : Mandarin du nord-est et le coréen

Le saviez-vous ?

  • Le Jilin est l’une des provinces où il y a eu l’une des plus grandes catastrophes industrielles du pays au cours de ces dix dernières années. Le 13 novembre 2005, plusieurs explosions dans une usine pétrochimique font 5 morts et plusieurs dizaines de blessés. Une mauvaise manipulation dans la fabrication d’aniline, un dérivé du benzène utilisé dans la teinture, provoque la catastrophent, dont des centaines de tonnes du produit se déversent dans la rivière Songhua, un affluent de l’Amour, qui approvisionne plusieurs grandes villes en eau potable.
  • La ville de Jilin porte le même nom que la province, elle est située à une centaine de kilomètres à l’est du chef lieu de Jinlin, Changchun. Seconde ville de la province, elle est surnommée la « ville de la rivière » car elle est située sur les rives de la Songhua.
  • Durant l’antiquité, le Jilin était appelé la « Terre de Sushen » et aujourd’hui la « Forêt du bonheur ».

Une histoire coréenne

Le palais impérial du Mandchoukouo à Changchun

Avant de faire partie du royaume coréen de Goguryeo (-37 à 668 après J.C.) l’un des « Trois Royaumes » comprenant Baekje (-18 à 660 après J.C.) et Silla (-57 à 935 après J.C.), la province a été habité par différents peuples comme les Xianbei, les Coréens, les Mohe, les Jurchens et les Mandchous.

Des royaumes coréens ont étendu leur domination dans la région, comme le Puyo (IIe siècle av. J.-C. à 494), le Koguryo (-37 à 668) et Balhae (698 à 926). Le royaume multiethnique de Balhae occupait le sud de la Mandchourie, le sud de l’actuelle Russie, appelée Kraï de Primorsk, et le nord de la Corée du Nord actuelle. Balhae gouvernera la province jusqu’à ce que la dynastie Liao (907-1125), fondée par le peuple nomade des Khitans, reprenne le territoire en 926.

Par la suite, la province passe sous la domination de l’Empire Khitan (907 à 1125), puis de la dynastie Jin des Jurchens (1115-1234), et de la dynastie Yuan des Mongols (1279-1368).

Sous la dynastie mandchoue des Qing (1644-1912), le Jilin est relativement peu peuplé, les autorités ont renforcé la sécurité pour faire face aux intrusions russes dans la région. Dans cette optique, une division marine et un chantier naval ont été construit afin d’être présent sur la mer du Japon.

La province est un grand territoire, allant jusqu’à la mer du Japon et comprenant une grande partie du Primorié. Lorsque la Russie met la main sur l’actuel Kraï de Primorsk en 1860, l’immigration est autorisée entraînant l’arrivée massive de nombreux, en grande partie originaire du Shandong, et de quelques Coréens. À partir du début du XXe siècle, les Hans sont majoritaires, devant les Mandchous, les Mongols et les Coréens.

Un destin tragique pour le dernier empereur Pu Yi

Puyi, Empereur du Mandchoukouo.

Lors de l’occupation japonaise entre 1931 et 1945, la région a était une partie intégrante de l’état pantin du Manchukuo. En effet, en 1932, le Japon crée le Mandchoukouo avec Xinjin, l’actuelle Changchun, pour capitale. Pu Yi (1906-1967), dernier empereur de la dynastie est choisi comme souverain, sous l’égide des autorités japonaise

Le 15 août 1945, avec la capitulation du Japon, Puyi abdiqua et l’empire fantoche disparut. Après la défaite japonaise, Jilin et le nord de la Chine ont été remis au PCC par l’Union Soviétique. La Mandchourie devient la base d’origine de la conquête du pays par le Parti Communiste. dans les années 1950.

En 1949, la province du Jilin était beaucoup plus petite, car Changchun est une municipalité indépendante. Dans les années 1950, les frontières telles qu’on les connaît aujourd’hui furent délimitées. Pendant la Révolution Culturelle (1966-1976), elle a inclus aussi une partie de la Mongolie-Intérieure.

Jilin est devenue l’une des provinces les plus pauvres du pays, à tel point que le pouvoir central tente de lancer de « revitaliser » la province, afin de relancer l’activité économique de la région. Un plan a été mit en place en 2010, 2015 et en 2016, le président Xi jinping a annoncé une série de nouvelles politiques visant à rajeunir la région du nord-est, via des réformes économiques structurelles.

Une économie difficile à sortir de l’industrie lourde

Dans l’actuel transition économique engagée par le gouvernement, le Jilin et sa région doivent trouver de nouvelles alternatives à l’industrie manufacturières. Après deux campagnes lancées, le gouvernement central a décidé d’utiliser les structures existantes, dans la manufacture, pour les transformer en industrie d’équipements de pointe.

Redynamiser le Nord-est de la Chine

Beijing souhaite faire de la province une base stratégique des équipements technologiques, pour cela il est prévu de mettre en place de nouvelle génération de matières premières, d’agriculture moderne et d’innovation.

La province du Jilin et ses voisines, le Liaoning et le Heilongjiang ont été les premières  provinces du pays à être industrialisée. « L’ancrage traditionnel dans l’industrie lourde tel que l’acier, la construction automobile, maritime et aérienne, mais également dans le raffinage des produits pétroliers, a maintenu pendant des décennie une pression à la baisse sur la croissance économique de toute la région« , note CNTV.

Au-delà de cette restructuration, la province possède un environnement naturel luxuriant, avec une large couverture forestière ainsi que les montagnes Changbai connues sous le nom de « Mont Blanc Eternel ». Ces ressources naturelles sont favorables à l’agriculture, centrée sur la culture du riz, du maïs et du sorgho. Et grâce à sa faune et flore, l’industrie forestière est dense dans le massif du Changbai, tout comme, l’élevage des moutons dans l’ouest, à Baicheng.

La province est également riche en plantes médicinales pour la médecine traditionnelle chinoise telles que le ginseng. Elle possède d’importantes réserves de pétrole, de gaz, de charbon, de fer, de nickel, de molybdène, de graphite, d’or et d’argent ainsi que les plus grandes réserves de sables bitumeux du pays.

Site de la province en anglais : http://english.jl.gov.cn/

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