Revenant sur les propos du président Rodrigo Duterte, l’armée philippine a indiqué qu’elle comptait rénover et améliorer certaines installations, mais pas coloniser de nouvelles îles.

Le président philippin Rodrigo Duterte avait annoncé le 6 avril avoir ordonné à ses militaires de se déployer sur des récifs et îlots inhabités de l’archipel des Spratleys, ce qui aurait pu provoquer la colère de la Chine, qui revendique également des îles.

Mer de Chine : Rodrigo Duterte change de ligne

Rompant avec la politique instaurée à l’égard de Beijing, il a demandé à l’armée d' »occuper tous » les récifs revendiqués par Manille. Or le lendemain, ce vendredi 7 avril, le porte-parole de l’armée, le colonel Edgard Arevalo, a précisé à l’Agence France Presse, que « l’ordre vise des améliorations sur des îles et îlots déjà occupés ».

Le ministère de la Défense a précisé qu’il s’agissait surtout d’ajouter des baraquements militaires, des systèmes de désalinisation, des générateurs, des phares et des abris pour les pêcheurs sur les îlots déjà occupés.

De leurs côtés, la Chine et les membres de l’ASEAN, dont fait partie les Philippines, continuent les négociations sur le Code de conduite en Mer Orientale (COC). La question de savoir si ce texte sera juridiquement contraignant n’est pas encore résolu, a indiqué le secrétaire d’État par intérim des Philippines, Enrique Manalo.

Manille espère que le Code entre l’ASEAN et la Chine serait adopté mi-2017, selon le gouvernement philippin, qui a assuré que la Chine était très « coopérative » pour soutenir le processus de négociations du COC. Les négociations ont démarré en 2002, année durant laquelle la Déclaration sur la conduite des parties (DOC) en Mer Orientale par l’ensemble des parties.

Dans ce documents, les membres de l’ASEAN et la Chine s’engagent à faire preuve de retenue et à résoudre les différends d’une manière constructive, sans mener des activités susceptibles de compliquer et d’aggraver les différends, y compris celle visant à venir s’installer dans les endroits actuellement inhabités comme îles, récifs, bancs de sables et d’autres structures.

Or Beijing a installé plusieurs infrastructures et agrandit par remblaiement des îlots sur les îles disputées. Le gouvernement chinois jou sur le fait accompli, compliquant un peu plus les débats. En effet malgré les négociations, Beijing revendique la quasi-totalité de la mer de Chine méridionale, au grand dam des Philippines et d’autres pays dont le Vietnam, le Brunei et la Malaisie qui contrôlent chacun plusieurs îles.