Le multimilliardaire Jack Ma doit quitter le 10 septembre la présidence du Conseil d’administration d’Alibaba, à l’occasion de son 55e anniversaire.

En son absence, les spéculateurs assurent que le géant de l’e-commerce, fondé en 1999, va continuer à prospérer grâce à sa culture de l’innovation. L’ex-professeur d’anglais est parvenu à bâtir – de lui-même – un empire coté à la Bourse de New York comptant quelque 103.000 employés, a une fortune estimée à 41 milliards de dollars (36,8 milliards d’euros).

L’homme d’affaires compte mettre sa fortune au service de l’éducation, et de suivre les pas de son modèle le fondateur de Microsoft Bill Gates, qui est l’un des plus généreux philanthropes du globe.

Le départ du fondateur charismatique d’Alibaba ne devrait pas changer grand chise, car la direction de l’entreprise est depuis quelques années entre les mains d’une équipe de dirigeants respectés ayant réussi à la maintenir à la pointe du commerce en ligne.

Dès 2013, Jack Ma a abandonné son poste de directeur général pour ne garder qu’une fonction de « président exécutif » chargé de la stratégie. Daniel Zhang, numéro deux d’Alibaba, et Joseph Tsai, cofondateur et vice-président exécutif du conseil d’administration – ont reprit les rênes il y a exactement un an.

Ce duo pourrait s’avérer être la « norme d’excellence » en matière de succession d’entreprises technologiques, a estimé Jeffrey Towson, investisseur et professeur à l’Université de Pékin.

Jack Ma « a réussi ce que Steve Jobs, Bill Gates et Jerry Yang (cofondateur de Yahoo) n’ont pas réussi à faire », a considéré l’auteur de plusieurs livres sur les grandes entreprises chinoises. « Il a construit une culture très solide à Alibaba et ils continuent d’innover comme des fous. »

Alibaba, qui revendique plus de 750 millions d’utilisateurs actifs par mois, a contribué à l’essor de la consommation en Chine grâce à ses plateformes Taobao et Tmall et à tout un écosystème d’entreprises.

Jack Ma « a été le moteur du développement de l’économie numérique en Chine. C’est le parrain de l’esprit d’entreprise (de la Chine) », selon Cheng Huaibao, un fabricant de meubles.

La bonne santé du géant contraste avec le ralentissement économique en cours en Chine, dans un contexte de guerre commerciale entre Washington et Beijing.

Alibaba a investi ces dernières années le secteur de l’informatique en nuage (« cloud »), le divertissement et un nouveau concept de vente au détail. Et sa branche financière Alipay a été la pionnière des paiements numériques sans espèces en Chine.

En dépit de sa réussite, le mastodonte du commerce en ligne est accusé par ses détracteurs d’encourager le mercantilisme et le matérialisme, ainsi que la vente de produits contrefaits.