La veille de l’intronisation de Tsai Ing-wen à la présidence de la République de Chine, des manœuvres militaires simulant un « débarquement » ont eu lieu, non loin de Taïwan. Pour le Quotidien du peuple, la feuille de route présentée par la nouvelle présidente est « incomplète ».

De nombreux observateurs estiment qu’il s’agit là d’un moyen pour Beijing d’avertir les partisans de l’indépendance de Taïwan, de l’intention non dissimulée du gouvernement continental de prendre l’île par la force. D’ailleurs, la loi votée en 2005 vient attester ces intentions.

Drapeau TaiwanLes téléspectateurs pouvaient voir sur CCTV, un reportage montrant des soldats débarquant sur une plage et progressant fusils d’assaut en main, épaulés par des tanks et des hélicoptères tirant des salves d’obus à proximité de collines en bord de mer, a relevé l’Agence France Presse.

Depuis le début du mois de mai, « au moins trois exercices » militaires ont été mené, ce qui ne représenteraient pas une menace contre Tsai Ing-wen, a assuré le ministère de la défense, affirmant qu’il ne faut pas « sur-interpréter » les manœuvres. « Cela fait partie des dispositions habituelles que de mener des exercices dans le sud-est de la Chine en vertu du programme d’entraînement annuel. Ceux-ci ne visent aucun objectif spécifique », a-t-il assuré.

Depuis l’élection, le ministère des affaires étrangères et le bureau des affaires de Taïwan du Conseil des Affaires d’Etat ont averti à de nombreuses reprises qu’une remise en cause du Consensus de 1992 pourrait entraîner un conflit entre les deux parties du détroit.

Le jour de son intronisation, la première femme présidente de Taïwan n’a pas donné de position claire sur le Consensus de 1992, préférant mettre en avant la passivité de l’île, la reconnaissance historique entre les deux parties. Cette dernière a appelé au dialogue et à continuer à œuvre pour les libertés et la démocratie.

Pour Le Quotidien du Peuple, la dirigeante de Taïwan doit « développer des relations pacifiques entre les deux rives et à cesser d’adopter une attitude ambiguë concernant cette question fondamentale ». Suite à sa prise de fonction, le quotidien officiel du PCC, a assuré que « même si Mme Tsai a déclaré qu’elle continuerait de promouvoir un développement pacifique et stable des relations entre les deux rives, elle a délibérément évité les conséquences de fond du Consensus de 1992 et a été ambiguë à l’égard de la nature des relations entre les deux rives« .