Le conseiller d’Etat et ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi a rencontré le secrétaire d’Etat américain Antony Blinken, dans un contexte de fortes tensions autour de Taiwan que la Chine considère comme partie intégrante de son territoire.

Selon l’agence de presse, Reuters, le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, a déclaré à son homologue chinois, Wang Yi, que le maintien de la paix et de la stabilité à Taïwan était d’une importance vitale.

Taïwan a été au centre de discussions « directes et honnêtes » de 90 minutes entre Antony Blinken et Wang Yi, en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies à New York, a raconté à la presse un haut responsable de l’administration américaine.

Ce dernier a indiqué que « pour notre part, le secrétaire d’État (Blinken) a clairement indiqué que, conformément à notre politique de long terme d’une seule Chine, qui n’a pas changé, le maintien de la paix et de la stabilité de part et d’autre du détroit de Taïwan est d’une importance absolue et vitale ».

Les tension sur Taïwan se sont exacerbées entre les États-Unis et la Chine après la visite de la présidente de la Chambre américaine des représentants, Nancy Pelosi, les 2 et 3 août 2022 qui a provoqué la colère de Pékin.

Cette visite a poussé la Chine à lancer des exercices militaires à grande échelle dans la région et poussé le président américain Joe Biden à s’engager à défendre Taïwan.

D’ailleurs, Wang Yi a insisté sur les récentes « décisions erronées » prises par les Etats-Unis concernant la question de Taiwan, rappelant que « la question de Taiwan est au cœur des intérêts fondamentaux de la Chine et elle a un poids considérable dans l’esprit du peuple chinois ».

« Il est de notre mission de défendre la souveraineté nationale et l’intégrité territoriale et il n’y a absolument aucune ambiguïté à ce sujet », a souligné le ministre chinois à Antony Blinken.

Le chef de la diplomatie chinoise a rappelé que « les Etats-Unis ont pris des engagements politiques clairs envers la Chine concernant la question de Taiwan, notamment les trois communiqués conjoints sino-américains conclus il y a plusieurs décennies et les déclarations plus récentes faites de manière répétée par l’administration américaine actuelle selon lesquelles elle ne soutient pas l’indépendance de Taiwan ».

Ce que les États-Unis ont fait, cependant, est « contraire à leurs engagements, en tentant de porter atteinte à la souveraineté nationale et à l’intégrité territoriale de la Chine, d’entraver la grande cause de la réunification pacifique de la Chine et de s’engager dans une soi-disant stratégie consistant à utiliser Taiwan pour contenir la Chine », a-t-il dénoncé.

Il a rappelé que « les États-Unis ont même affirmé publiquement vouloir aider à défendre Taiwan, ce qui a envoyé un signal très erroné et dangereux ». En effet, interviewé le 18 septembre sur la chaîne CBS, le président américain Joe Biden a indiqué que des forces américaines défendraient Taïwan en cas d’invasion de l’île par la Chine.

Répondant à la question de savoir si l’armée américaine défendrait Taïwan en cas d’invasion chinoise, le président américain a répondu : « Oui, s’il y avait une attaque sans précédent. » Fin mai, il avait déjà dit la même chose avant de revenir en arrière

Wang Yi a souhaité que « les États-Unis corrigent leur perception de la Chine et repensent et changent leur politique envers la Chine qui est aujourd’hui guidée par l’endiguement et la suppression ». « Washington devrait abandonner ses intentions de traiter avec les Chinois en position de force, ne devrait pas non plus toujours envisager de contenir le développement de la Chine ou de recourir fréquemment à l’intimidation unilatérale », a ajouté ce dernier.

Selon l’agence de presse Xinhua, Antony Blinken a noté que les États-Unis et la Chine avaient réussi à gérer leurs différences par le passé. Il a assuré que les États-Unis étaient disposés à s’engager dans une communication et un dialogue francs avec la Chine, à éviter les malentendus et les erreurs de calcul et à trouver comment aller de l’avant.

Le secrétaire d’Etat américain a également réaffirmé que son pays ne cherchait pas à instaurer une « nouvelle Guerre froide », qu’il n’avait pas changé sa politique d’une seule Chine et qu’il ne soutenait pas « l’indépendance de Taiwan ».