Le 29 août 2016, Kwon Pyong a publié sur Twitter une photo de lui portant un tee-shirt blanc sur lequel est écrit « #Xitler« , « #FreeTibet » (Tibet libre) et « #Freelawyer » (avocat libre).

Le jeune homme de 28 ans a été poursuivi en justice pour « incitation à la subversion », ont déclaré au New York Times, ses deux anciens avocats, qui ont été brusquement écartés de l’affaire quelques jours avant le procès. En effet, ce chef d’accusation signifie généralement qu’il est poursuivi pour avoir critiqué le Parti Communiste chinois et le président de la RPC.

Une jeune homme  » dévoué au renversement du communisme »

En détention provisoire depuis septembre 2016, son procès s’est ouvert le 15 février. Son compte Twitter est d’ailleurs inactif, sa dernière publication date du 29 septembre. Ce dernier s’est attiré les foudres des autorités pour  voir utilisé la contraction d’Hitler et de Xi Jinping, le président chinois, donnant ainsi Xitler. Un message est accompagné de l’image : « nous travaillons ensemble, pour renverser ce mur invisible« .

Liang Xiaojun, un des avocats écartés a indiqué par téléphone au journaliste du quotidien américain que « le sort de M. Kwon a montré que même des messages en ligne sur les dirigeants chinois peuvent mener à une peine de prison ces jours-ci. Les autorités du Parti communiste sont particulièrement sensibles à la protection de l’image de M. Xi, et les comparaisons avec le dictateur nazi semblent sûrement les mettre en colère« .

Chinois d’origine coréenne, Kwon Pyong a étudié aux États-Unis, à l’Iowa State University où il est devenu ingénieur aérospatial. Il est ensuite revenu travailler dans l’affaire familiale à Yanbian.  Depuis il publie des messages critiquant les autorité sur twitter et facebook, qui sont inaccessibles en Chine.

Selfie avec le tee-shirt sur lequel est critiqué Xi Jinping

Se définissant comme un « étudiant perpétuel, citoyen, dévoué au renversement du communisme« , il se dit déterminé à exprimer ses opinions.  D’ailleurs, l’accusation dit se baser surplus de 70 commentaires, images et vidéos partagés sur les réseaux sociaux américains.

Beijing tente de lutter contre les valeurs occidentales

Pour cette dernière, « les commentaires et les images calomnient et insultent le pouvoir d’État et le système socialiste« . Depuis quelques années, le gouvernement doit faire face à une nouvelle génération de jeune gens, qui une fois rentrés au pays après des années d’études en Occident, n’hésite pas à remettre en question les autorités.

Liang Xiaojun, a expliqué au New York Times que Kwon Pyong « incarne un phénomène qui inquiète le gouvernement chinois : les jeunes, exposés à des idées étrangères, parfois partis faire des études à l’étranger, qui se sentent libres de critiquer le gouvernement ».

D’ailleurs, le gouvernement a lancé une vaste de campagne de lutte contre les valeurs occidentales. En 2013, à peine intronisé, le président Xi Jinping déclarait  : « Nous devons consolider la position dirigeante du marxisme en matière idéologique, consolider les bases spirituelles communes qui permettent au Parti et au peuple tout entier de faire bloc dans le combat ».

Deux ans plus tard, Yuan Guiren, ministre chinois de l’Education, a annoncé que les manuels « qui prônent les valeurs occidentales doivent être bannis de nos classes ». Or cette mesure est instaurée dans les universités chinoises, touchant des jeunes de classe modeste, voire très modeste. Les jeunes, comme Kwon Pyong font d’une classe plus aisée, leur permettant d’aller étudier à l’étranger. d’où le dilemme des autorités, d’un côté incité les jeunes à partir étudier à l’étranger, de l’autre, les empêcher d’adhérer aux idées occidentales.