Près de 27.164 suspects ont été arrêtés au Xinjiang en 2014, ce qui représente une hausse de plus de 95% par rapport à 2013, a annoncé le China Daily, en janvier 2015. Le 27 août, l’agence de presse Xinhua a annoncé l’emprisonnement de 45 personnes.

Les tribunaux de plusieurs villes de la région, situées au nord-ouest du pays, ont condamné ces personnes pour « organisation de groupes terroristes » et « passage illégal de frontière« . Sur les 45 personnes condamnées, deux l’ont été à la prison à vie, et les 43 autres ont reçu des peines comprises entre 4 et 15 ans de prison.

soldat chinois

Soldat chinois à Tian an’men (Wikipedia)

Depuis janvier, l’armée chinoise a renforcé sa présence dans cette région frontalière de huit pays, dont l’Afghanistan, en resserrant « vigoureusement » les contrôles aux frontières, a indiqué le China Daily.

« Nous avons raccourci les délais entre les arrestations et les poursuites pénales dans les principales affaires terroristes, afin que les suspects puissent être jugés aussi vite que possible, ceci afin de montrer la détermination de la région dans la lutte antiterroriste« , a expliqué le procureur en chef, Nixiang Yibulayin.

D’après ce dernier, la procédure pénale a été accélérée, car elle s’appliquait principalement aux auteurs d' »attentat terroriste« , dont ceux ayant visé une rue commerçante de la capitale régionale, Urumqi. Le 22 mai 2014, les assaillants avaient foncé dans la foule à bord de deux véhicules et lancé des engins explosifs. Le bilan de cet attentat fait état de 39 morts, dont les quatre assaillants et plus de 90 blessés.

Lancée en mai 2014, la campagne « Frapper fort » avait été prolongée jusqu’à la fin mai 2015. Durant près d’un an, les organisations de défense des droits de l’homme ont dénoncé « une répression implacable », prenant la forme de dizaines de peines de mort et d’exécutions, accompagnées de centaines d’arrestations suivies de procès expéditifs.

Les autorités ont évoqué le démantèlement de 181 « groupes terroristes », depuis le lancement de cette campagne.

Depuis plusieurs années, le Xinjiang est en proie à une résurgence de troubles meurtriers entre l’ethnie Han (l’ethnie majoritaire chinoise) et l’ethnie Ouïghours (musulmans turcophones). Les autorités centrales qualifient les militants ouïghours de « terroristes » ou de « séparatistes« .