La Chine est considérée comme le Royaume du bambou, car le pays possède près de 30% de la plante dans le monde. Plante alimentaire et médicinale, le bambou peut aussi être un matériel solide.

D’après une légende, à la mort de la reine Bamboo, ses fils prirent ses cendres et, du haut de la plus haute montagne, les dispersèrent au gré du vent. Elles se transformèrent en graines, puis en bambous.

Une histoire ancestrale

Le bambou, un met très prisé des Pandas

Près de 6 000 ans, du temps de la culture néolithique de Yangshao, le caractère zhu désignant le bambou était gravé sur des poteries.

Dans la province du Zhejiang, il y a 4 000 ans, les habitants utilisaient des paniers en bambou. Avant l’invention du papier, les sinogrammes étaient écrits sur des lames de bambou. D’ailleurs, les découvertes les plus anciennes faites à ce jour remontent à la période des Royaumes combattants (475-221 av. J.-C.).

Dans le projet de conservation des eaux du Dujiangyan, vieux de 2’000 ans dans le Sichuan, « des gabions en bambou remplis de pierres étaient utilisés pour retenir l’eau lors de la construction des digues et des barrages. Des tuyaux de bambou amenaient l’eau aux terres cultivées« , a expliqué Ian Tairan, ingénieur forestier au Ministère chinois des forêts, sur le site de la FAO.

Ce dernier a expliqué qu’au cours du Ve siècle av. J.-C., la partie intérieure des tiges de bambou était réduite en pate pour faire du papier. Au Xe siècle, des tubes de bambou étaient utilisés dans le mécanisme de mise à feu des canons.

Comme matériel, le bambou sert la construction de lits, chaises, coffres, paniers, balais, baguettes à riz, des chapeaux et des instruments de musique. Les bambous sont aussi utilisés dans la construction de maisons, de clôtures, de ponts et de radeaux.

Les pousses servent à cuisiner des plats divers et variés. Les jeunes pousses et bourgeons peuvent être préparés en grillades, fritures, salades ou sauces, tandis que les graines sont moulues pour donner une farine très nutritive.

Une plantée médicinale efficace

En phytothérapie, le bambou est un re-minéralisant, car il possède jusqu’à 90% de silice. La sève des nœuds, l’exsudat, appelée « larmes de bambou« , calme les nausées. Une fois transformée en poudre, le bamboosil permet d’améliorer la résistance des tissus conjonctifs (tissus biologiques, qui soutient, lie, ou distingue différents types de tissus et d’organes). Il exerce une action positive sur les rhumatismes chroniques et aigus, notamment dorsaux.

Les feuilles sont un bon remède contre la fièvre, et elles sont de plus en plus utilisées en cosmétique pour leurs propriétés revitalisantes de la peau, hydratantes, drainantes, purifiantes et anti-inflammatoires.

Fontaine en bambou

En tant que literie (couettes, oreillers, housses), le bambou fait fuir les acariens et possède des propriétés naturelles antibactériennes. Hyper-absorbante (quatre fois plus que le coton), elle régule la chaleur et l’humidité : chaude l’hiver et fraîche l’été.

Utilisé pour vieillir l’alcool

Technique innovante, un fabricant de liqueurs a fait vieillir son alcool fort dans le tronc de bambous vivants, donnant ainsi de nouveaux arômes et des vertus médicinales. Dans le Sichuan, Chen Chao a expliqué à l’Agence France Presse, comme la liqueur de céréales est introduite « via des techniques d’injection à haute pression » dans le tronc de bambous encore vivants.

Choisis jeunes pour que l’ouverture pratiquée se « cicatrise » en quelques jours, l’alcool macère pendant une période plus ou moins longue, et les bambous sont finalement abattus aux alentours de la fête de Qingming, début avril.

Entre temps, « la liqueur s’est mêlée à la flavone (liquide organique du tronc) et à la sève du bambou« , explique Chen Chao. La flavone, composant organique anti-inflammatoires, et la sève de bambou possèdent des vertus détoxifiantes et soignent les poumons.

Bien que le degré de l’alcool se réduit à la sortie du bambou, « notre production reste assez limitée, à peu près 50 000 à 60 000 bouteilles par an, chacune contenant entre 500 et 550 millilitres », soit un total annuel d’au moins 25 000 litres.

Chen Chao espère remplir davantage de bambous pour augmenter ses volumes : « auparavant, peu de gens connaissaient l »alcool de bambou’, car la production restait confidentielle. Cela est en train de changer ». Le jeune homme a appris cette technique dans le Fujian où elle a pris naissance.