La qualité de l’air de la capitale et dans sa région s’est améliorée en 2017, bien que la  lutte contre la pollution atmosphérique peine à se mettre en place dans tout le pays.

Selon un récent rapport de l’organisation Greenpeace publié le 11 janvier, la Chine a entamé sa 5ème année de « guerre contre la pollution« , devenu un sujet de contestation dans tout le pays, à travers notamment une série de manifestation de citoyens lassés de devoir respirer un air pollué.

De plus, le gouvernement tient à réparer les dégâts occasionnés par les trente années de croissance économique fulgurantes, issue principalement de l’industrie lourde, et l’utilisation massive de charbon.

Réduire au plus vite les émissions de gaz

Premier pollueur mondial avec 25% des rejets de gaz à effet de serre, la Chine entend aussi baisser son intensité carbonique de 60%-65% par rapport à 2005 et porter la part de ses énergies non fossiles dans la consommation énergétique primaire à environ 20%.

Récemment, le gouvernement a assuré vouloir réduire de plus de 15% la concentration moyenne de particules fines dans l’atmosphère entre octobre 2017 et mars 2018 dans 28 villes.

Des projets ambitieux, dont les résultats peinent à se faire ressentir. En 2017, la pollution atmosphérique a baissé de 4,5% en Chine, le plus faible recul depuis 2013, écrit Greenpeace.

D’ailleurs, « le plan d’action national contre la pollution de l’air a permis de réduire massivement les niveaux de pollution et les risques sanitaires associés, mais les politiques favorisant le charbon et l’industrie lourde freinent les progrès. À l’échelle nationale, l’amélioration de la qualité de l’air a été la plus lente en 2017« , a expliqué Huang Wei, responsable du climat et de l’énergie de Greenpeace en Asie de l’Est.

Ainsi, les concentrations moyennes de PM2,5 (particules fines dont le diamètre est inférieur à 2,5 micromètres) ont diminué de 33% de 2013 à 2017 dans 74 villes du pays, pour lesquelles des données sont disponibles.

Les améliorations ont été les plus importantes en 2014 et en 2015, en raison d’une baisse de la consommation de charbon et de nouvelles normes d’émission pour les centrales au charbon. Toutefois, cette amélioration s’est ralentie en 2017, avec la relance de l’industrie lourde ayant stimulé le rebond du charbon, du ciment et de l’acier.

Des chiffres édifiants

D’après des chiffres officiels compilés par Reuters, la différence entre Beijing et les 27 autres villes est significative : le taux de PM2,5  a baissé de 53,8% au cours du dernier trimestre de 2017 à Beijing, par rapport à la période correspondante de 2016.

Les PM2,5 à Tianjin et 26 villes environnantes ont augmenté de 6% au cours des trois premiers trimestres de 2017, les taux des provinces de la ceinture de tremblement Shanxi et Hebei ont bondit de 23% et 13%, a noté Greenpeace.

Au cours du dernier trimestre de 2017, les niveaux de PM2,5 dans les 28 villes ont chuté de 33,1%, une baisse à parts égales attribuable à des conditions météorologiques favorables et à un plan d’action sur la pollution atmosphérique de six mois entré en vigueur en octobre 2017.

De plus, les moyennes annuelles de PM2.5 dans le Heilongjiang, l’Anhui, le Jiangxi et le Guangdong ont augmenté respectivement de 10,4%, 7,4%, 4% et 5,3%, en raison du rebond des industries telles que les métaux et l’énergie au charbon.

Même si les niveaux de NO2, indicateur de la combustion de combustibles fossiles, ont diminué en moyenne de 10% à Beijing, Tianjin et dans 26 villes environnantes, elles ont augmenté d’environ 6% dans le reste du pays au 4ème trimestre.

« Cela reflète le déplacement de la production industrielle en dehors des 28 villes après l’entrée en vigueur du plan d’action hivernal« , a indiqué Greenpeace.

Traiter toutes les composants de la pollution

Pour les autorités de Beijing, l’objectif pour 2017 était de ramener le taux de particules fines à moins de 60 microgrammes par mètre cube. De son côté, le pouvoir central avait lui fixé la barre à 35 microgrammes d’ici 2035.

Ces objectifs restent au-dessus de la norme internationale fixée par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) qui recommande que la densité de particules fines dans l’air ne dépasse pas les 10 microgrammes par mètre cube.

Dans son rapport Greenpeace a demandé au ministère de la protection de l’environnement de publier ses lignes directrices pour la 2ème phase du plan d’action contre la pollution de l’air dès que possible.

« La deuxième phase du plan d’action contre la pollution de l’air doit être aussi ambitieuse que la première et devrait inclure des objectifs pour la réduction de l’ozone. La transition énergétique de la Chine est déjà en cours, mais les politiques économiques qui favorisent le charbon mettent notre santé en péril « , a souligné Huang Wei.

En effet, les niveaux de pollution par l’ozone, qui causent des lésions pulmonaires, des symptômes chez les patients asthmatiques et des maladies respiratoires et cardiovasculaires, sont en augmentation de 25% d’une année à l’autre dans les 28 villes et de 10% à l’échelle nationale.