La Chine n’est pas favorable à l’adhésion de l’Inde au sein du Groupe des fournisseurs nucléaires (GFN), préférant « de nouvelles discussions » pour décider de l’adhésion des non-signataires du traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), comme l’Inde et le Pakistan, au Groupe des fournisseurs nucléaires (GFN).

L’Inde a fait appel aux Etats-Unis pour pouvoir adhérer au GFN, qui lui ont permis de sortir de son isolement en 2008. Mais afin de s’assurer du soutien d’autres pays membres du GFN, le Premier ministre indien Narendra Modi s’est rendu au Mexique et en Suisse, après sa visite à Washington, en mai dernier.

Malgré ces efforts, la Chine reste l’un des obstacles à cette adhésion, avec la Nouvelle-Zélande, la Turquie, l’Afrique du Sud et l’Autriche. En effet, le GFN vise à réguler les échanges internationaux de biens et de technologies nucléaires utilisables à des fins militaires pour éviter la prolifération. D’autant plus qu’en dépit des accords signés avec les Etats-Unis, l’Inde n’a toujours pas ratifié le Traité de non-prolifération et dispose de l’arme nucléaire.

Hong Lei, porte-parole du ministère chinois des affaires étrangères, a expliqué – dans un communiqué – qu’il existe « de profondes divergences » au sujet de l’élargissement du GFN à des pays non signataires du TNP. D’ailleurs « en ce qui concerne la question de l’adhésion des non-signataires du TNP, la Chine reste favorable à de larges discussions pour parvenir à un consensus (…)« .

Pour la Chine, le statut d’État partie au TNP est un préalable de l’adhésion au GFN, ce qui réfute le Ministère indien des affaires étrangères qui affirme qu’une « telle corrélation, si elle existe, est entre le GFN et l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), et non entre le GFN et le TNP« .

Pourtant le 23 mai, la porte parole du ministère des affaires étrangères, Hua Chunying, a réitéré que le TNP est « une pierre angulaire du régime international de non-prolifération, un fait maintes fois confirmé au cours des dernières conférences d’examen du TNP ». De fait, (…) le régime international de non-prolifération sur le TNP constitue un consensus international« .

Cependant, le Premier ministre Narendra Modi a contacté le président russe, Vladimir Poutin, afin de contourner la Chine. Dans un communiqué, le Kremlin a mit l’accent sur « leur intention de poursuivre l’approfondissement global des relations bilatérales », sans pour autant donner de détails sur la question de l’adhésion de l’Inde au GFN. Finalement, pour The Times of India, tout dépendra de la valeur que donnera Beijing à ses relations avec son voisin indien.