Ma Xiaoguang, porte-parole du Bureau des affaires de Taïwan, a avertit qu’une course aux armements entre Taïwan et la Chine continentale « ne ferait que nuire aux compatriotes de Taïwan ».

Ce dernier a réagit notamment au lancement le 21 mars par la dirigeante taïwanaise, Tsai Ing-wen d’un programme de développement d’une flotte de sous-marins, dans le but de faire face aux activités militaires croissantes de la Chine dans la région.

Dans la base navale de Zuoying, Tsai Ing-wen a indiqué que « ce projet est le plus complexe de tous ceux entrepris pour doter Taiwan d’une industrie de défense garantissant l’indépendance nationale ».

Pas d’indépendance

Une indépendance fortement réfutée par Beijing, qui a assuré que « l’indépendance de Taïwan ne sera jamais être autorisée. (…) nous ne permettrons jamais aux partisans de ‘l’indépendance de Taiwan’ de séparer Taïwan de la Chine, sous quelque nom ou quelque forme que ce soit ».

Les relations entre les deux rives du détroit de Taïwan se sont durcies après l’arrivée au pouvoir de Tsai Ing-wen, du Parti Progressiste Démocrate, favorable à l’indépendance de l’île. Son ministre de la défense, Feng Shih-kuan, s’est dit inquiet de la militarisation de la Chine, lors de la présentation de son rapport au Parlement.

De son côté, Ma Xiaoguang, porte-parole du Bureau des affaires de Taïwan, a assuré que « la tentative de Taïwan de défendre sa voie politique erronée via le bluff ou de soi-disant stratégies militaires ne mènera nulle part », ajoutant que cela ne ferait qu’intensifier les tensions et confrontations entre les deux rives et entraver le développement social et économique de l’île.

Le rapport rappelle que 1 500 missiles chinois sont pointés sur Taïwan, préconisant pour cela « un effort important pour renforcer ses capacités militaires ». Le ministre Feng Shih-kuan espère une augmentation sensible du budget de la défense pour le faire passer de 2 à 3% du PIB en 2018.

Selon les hypothèses développées par le ministère, la Chine pourrait attaquer soit par une opération amphibie, par des tirs de missiles pour détruire toute défense, soit par un blocus.  Malgré les efforts fournis, Taïwan ne pourra pas faire face au poids militaire de la Chine.

Développer la défense taïwanaise

Navire de guerre taïwanais

Mais lors de sa présentation au Parlement, Feng Shih-kuan a assuré que le pays pouvait frapper la Chine avec ses missiles balistiques. « Si l’ennemi insistait pour nous envahir, nous affaiblirions ses capacités en frappant les soldats ennemis chez eux dans leurs bases, en les combattant sur mer, en les écrasant à leur approche des côtes et en les éliminant sur les plages« , a indiqué le rapport.

Considérant la volonté de la République de Chine d’intensifier son armement et de moderniser son armée, Beijing a réitéré que « le fondement du développement pacifique des relations entre les deux rives réside dans l’adhésion au Consensus de 1992« .

« Nous espérons que Taiwan reviendra à une voie correcte« , a souligné Ma Xiaoguang. La Chine n’est pas revenu sur la possibilité pour elle d’attaquer Taïwan, afin d’assurer sa souveraineté sur l’île;

« Face à la fragilisation du fondement établi par la partie continentale et Taiwan depuis 2008, les forces recherchant ‘l’indépendance de Taiwan’ tentent de créer des problèmes et ont organisé des activités fréquentes », a précisé le porte -parole chinois.

Pour conclure sa conférence, ce dernier a souligné que « si nous laissons les choses se poursuivre ainsi, je pense que les deux rives ont bien conscience des risques et de l’influence néfaste que cela aura à l’encontre de leurs relations, de la paix et de la stabilité à travers le détroit de Taiwan et de l’avenir de Taiwan ».