Alors que la communication est rompue entre Beijing et Taipei, un bâtiment de guerre taïwanais a lancé par erreur ce vendredi 1er juillet, jour anniversaire du Parti Communiste Chinois, un missile supersonique tueur de porte-avions en direction de la Chine.

Un missile développé à Taïwan, appelé Hsiung-feng III, d’une portée de 300 kilomètres, a volé sur près de 75 km avant de toucher un bateau de pêche taïwannais au large de Penghu, archipel contrôlé par Taïwan dans le détroit de Formose.

Le capitaine du chalutier de 60 tonnes a été tué et trois autres membres d’équipage ont été blessés. Le porte-parole du ministère de la Défense, Chen Chung-Chi, a présenté ses excuses et condoléances aux familles des victimes.

Tiré pendant un exercice à partir d’un bâtiment de 500 tonnes amarré dans une base navale à Tsoying, ville du sud de Taïwan, en direction de la Chine. D’après l’Agence France Presse, le missile a traversé le chalutier sans exploser et sans le couler.

Le vice-amiral Mei Chia-shu a indiqué aux journaliste que « notre enquête initiale a révélé que l’opération n’a pas été effectuée conformément à la procédure normale« , a déclaré le vice-amiral Mei Chia-shu journalistes.

Une enquête a été lancée sur la façon dont le missile avait été tiré à partir du navire de guerre. Le missile a « percé » le bateau, sans le couler. Chen Chu, maire de Kaohsiung, a déclaré sur les réseaux sociaux qu’il était encore difficile de savoir ce qui avait causé l’explosion à bord du navire de pêche.

« Que cet accident a été causé par les militaires tirant accidentellement un missile ou une explosion électrique sur le bateau de pêche est toujours sous enquête« , a indiqué la maire Chen Chu, ajoutant que les autorités locales espèrent que le ministère de la Défense nationale déterminera si il y a une connexion entre le tir lancé et l’explosion survenu dans le chalutier.

L’incident a été signalé par la marine à la Conférence de sécurité nationale, le principal organe chargé de la sécurité. Mais le Conseil taïwanais des affaires continentale, l’organisme chargé de la politique chinoise, s’est refusé à préciser s’il avait été signalé à Pékin.

Interrogé par le quotidien britannique, The Telegraph, Jean-Pierre Cabestan, expert de la politique chinoise à l’Université baptiste de Hong Kong, a expliqué que la Chine va être sur « l’offensive », d’autant plus que les relations restent très tendus des deux côtés. La présidente est actuellement en visite en Amérique latine afin de consolider ses relations économique et diplomatique.

De son côté, le professeur Alexander Huang de l’Université Tamkang, a expliqué à l’AFP que « cet événement souligne l’importance de la communication entre les deux parties (…) afin de réduire l’éventualité d’une erreur de jugement. Devons nous attendre que quelque chose de gros se produise? »